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Fédération
des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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Paris le 13 avril 2005 Monsieur le Président de la République, Nos quatre organisations, membres de l’Internationale de l’Education, sont engagées dans la Campagne Mondiale pour l’Education, coordonnée en France par Solidarité Laïque. Chaque année, la semaine du 24 au 30 avril est pour nous l’occasion de sensibiliser l’opinion et d’interpeller les pouvoirs publics sur la situation du droit à l’éducation pour tous dans le monde. En effet, réunie à Dakar en 2000 à l’occasion du Forum Mondial sur l’Education, la communauté internationale (gouvernements, agences intergouvernementales, Organisations Non Gouvernementales etc.) s’était engagée pour assurer en 15 ans l’éducation pour tous. L’engagement avait aussi été pris d’éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire avant 2005 et, si possible, à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard. Deux rapports d’étape réalisés en 2003 et 2005 par l’UNESCO nous révèlent pourtant que ce sont encore plus de 100 millions d’enfants, majoritairement des filles, qui de par le monde sont privés de toute scolarité. Ils précisent aussi que 71 pays risquent de ne pas atteindre l’objectif affirmé d’une éducation primaire et gratuite de qualité pour tous les enfants à l’horizon 2015. Ils soulignent que, lorsque dans certains pays des progrès ont été réalisés, la quantité est souvent atteinte au détriment de la qualité. Ils constatent enfin, que plus de 70 pays n’ont pas atteint les objectifs de parité en 2005 et 54 d’entre eux ne les atteindront pas d’ici 2015 si les tendances actuelles se poursuivent. En effet, trois enfants sur cinq, privés du droit d’aller à l’école sont des filles. Près des deux tiers des 800 millions d’adultes analphabètes sont des femmes.
On sait pourtant que l’éducation et spécialement celle des filles est un facteur déterminant de développement d’un pays. L’insuffisance des moyens des Pays du Sud pour atteindre les objectifs de l’Education universelle est pour nous une cause majeure des difficultés constatées. Cette situation entre de fait en contradiction avec l’article 10 du cadre d’action de Dakar qui précise “ qu’aucun pays qui a pris un engagement sérieux en faveur de l’éducation de base ne verra ses efforts contrariés par le manque de ressources ”. Or, l’UNESCO souligne que de 1990 à 2000 l’aide bilatérale globale pour l’éducation a diminué de 16%. Pour la France cette baisse était évaluée à 22% pour la même période. Monsieur le Président, vous avez su faire valoir sur la scène internationale l’attachement de la France à un développement plus équitable, plus harmonieux, plus respectueux des droits humains. Nous pensons pour notre part que pour atteindre ces objectifs que nous partageons, une mobilisation de toutes les énergies en faveur de l’éducation pour tous constitue un élément déterminant. Nous vous demandons donc : Nous voulons croire que la France saura prendre toutes ses responsabilités pour faire en sorte que les engagements pris à Dakar ne restent pas au stade des déclarations d’intention. Dans le cadre de la semaine mondiale d’action, nous avons l’honneur de vous demander de bien vouloir recevoir une délégation de nos organisations afin d’évoquer avec vous la réalisation de ces engagements communs. Dans l’attente de cette rencontre, veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de nos sentiments respectueux. Xavier NAU, secrétaire général de la FEP-CFDT
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