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12 mai 2005
Comparaisons internationales
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Banal en France, le redoublement est loin d’être une pratique régulière
dans d’autres pays. Certains même l’ignorent !
Même si le taux de redoublement a baissé en France depuis quelques dizaines d’années, il reste plus élevé que dans nombre d’autres pays, 4 % en primaire en 2000, seuls la Belgique (16 % en 1992) et le Portugal (14 % en 1992) nous dépassent. Il y a bien une exception française dans le concert des nations développées, qui lui permet d’être championne du redoublement en Europe, alors que 30 pays sur les 139 étudiés ont au maximum une proportion de redoublants de 1 %.
Globalement il y a deux groupes, les pays de l’Europe du Nord qui ne pratiquent aucun redoublement (sauf si un élève a été absent la plus grande partie de l’année) ; les élèves d’un même âge restent ensemble toute la scolarité obligatoire. L’autre groupe, qualifié d’Europe du Sud, pratique, lui, le redoublement.
Il y a bien deux conceptions qui s’opposent et les options étant radicalement différentes, il faut étudier l’impact de l’une et l’autre méthode sur la réussite des élèves. Deux performances ont été mesurées : la lecture à 10 ans et la compréhension de l’écrit à 15 ans. Citons Jean-Jacques Paul et Thierry Troncin : « Il apparaît nettement que les pays les plus adeptes du redoublement n’ont pas de meilleurs résultats que ceux qui le pratiquent modérément ou qui le réfutent. Le redoublement n’apporte pas de valeur ajoutée quant au niveau moyen de la population d’élèves. La tendance serait plutôt en sens opposé. On constate la même chose en mathématiques et en sciences ».
inutilité prouvée
Cette conclusion sans ambiguïté, confortée par toutes les études sur ce sujet, conduit à abandonner la pratique du redoublement. Les sommes d’argent en jeu seraient mieux dépensées si elles étaient affectées au soutien des pédagogies différenciées et à l’aide au travail des élèves en difficulté avec des enseignants spécialisés.
Les pays du Nord n’ont pas supprimé le redoublement, simplement ils s’en passent très bien. Quel est le secret ? Le système est centré sur l’enfant avec l’idée de le rendre heureux et d’éviter les traumatismes. Le milieu éducatif français ne connaît cet autre système scolaire qu’à travers les enquêtes Pisa de l’OCDE. Pour voir au delà de la sécheresse des chiffres, les Cahiers pédagogiques proposent dans le numéro d’avril 2005 un mini-dossier sur l’école en Finlande, qui fait la part belle aux témoignages des acteurs. Passionnant et stimulant !
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