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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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Accueil >>Sgen-CFDT >>Propositions >>En finir avec le redoublement

12 mai 2005

En soulignant la responsabilité du système éducatif, c’est à un total renversement de perspective que nous invite le HCÉÉ.

Le Haut Conseil de l’évaluation de l’École (HCÉÉ) a rendu publics récemment deux avis importants :
-  l’avis n°13 concernant « le traitement de la grande difficulté scolaire au collège et à la fin de la scolarité obligatoire »,
-  l’avis n°14 concernant le redoublement. Ces deux avis constituent, de fait, pour le HCÉÉ un ensemble cohérent s’inscrivant dans une suite d’avis concernant l’évaluation des politiques de lutte contre la difficulté scolaire que le HCÉÉ a inscrite à son programme de travail pour 2004-2005.
Ainsi, la problématique majeure de l’échec scolaire en fin de scolarité obligatoire, compte tenu des enjeux, des questions d’équité et d’efficacité qu’elle pose au système éducatif, constitue le cadre dans lequel doit être posée la question du redoublement. Pendant longtemps, la difficulté scolaire a été considérée comme imputable à l’élève lui-même et non à l’école qui se trouvait ainsi dispensée de lui rechercher des remèdes. Il en va différemment aujourd’hui. La responsabilité de l’échec concerne directement le système éducatif.
L’avis n°13 s’est attaché à montrer comment les politiques éducatives ont mis en place des dispositifs de lutte contre l’échec scolaire mais les ont accumulés sans les évaluer. L’avis n°14 a repris l’ensemble des analyses du rapport présenté par Jean-Jacques Paul et Thierry Troncin en soulignant combien la pratique du redoublement est une spécificité très française bien ancrée dans le système éducatif. Le redoublement constitue une mesure présentée souvent comme porteuse d’un bénéfice futur pour l’élève. Or, il s’agit plutôt d’un déplacement dans la responsabilité du parcours scolaire : ce n’est pas l’institution scolaire qui s’engage à mettre en place des dispositifs de remédiation et de réussite mais l’élève et sa famille qui sont renvoyés à ce qui peut être ressenti comme leurs propres carences. Il n’est donc pas surprenant qu’un des effets du redoublement soit la mauvaise image que l’élève concerné peut avoir de lui-même.
Compte tenu des résistances rencontrées pour remettre en cause cette pratique du redoublement, il est nécessaire de ne pas en appeler à la seule diffusion d’expériences novatrices mais d’exiger que la remise en cause du redoublement, la mise en œuvre de la politique des cycles, de l’aide individualisée, du tutorat constituent les leviers d’une politique nationale ambitieuse pour la réussite de tous les élèves.



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