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12 mai 2005
L’avis de la FCPE
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Pour la réussite de tous : redoubler... d’attention !
Le redoublement est avant tout perçu, par les uns et par les autres, comme sanction d’un échec scolaire : échec de l’élève dans son travail, échec des parents qui n’ont pas su, ou pu, apporter une aide ou un soutien suffisant à leurs enfants.
Mais pour de nombreux parents, le redoublement est aussi accepté, voire réclamé, comme le seul moyen possible pour ne pas entraver la poursuite de la scolarité de leur enfant. Cette conviction est souvent renforcée par de nombreux enseignants qui n’offrent que cette seule solution pour pallier les difficultés scolaires que rencontre l’élève.
Pourtant, toutes les recherches en éducation menées sur ce thème sont convergentes : dans la quasi-totalité des cas, le redoublement est inefficace. À niveau égal, un élève qui double sa classe réussira moins bien dans la classe supérieure que celui qui y est admis sans redoubler.
Tous les parents n’ont pas accès à cette information : il faut la leur donner, et c’est, entre autres, le rôle d’une fédération de parents d’élèves de les alerter.
Tous les enseignants devraient avoir intégré cette information : mais les habitudes et les vieux réflexes ont la vie dure. Le cloisonnement des pratiques professionnelles et des disciplines est un frein puissant à l’existence d’une réflexion collective où l’équipe pédagogique traiterait de façon différenciée les difficultés rencontrées par certains élèves.
La responsabilité de l’institution
Mais, dans ce domaine, c’est bien le ministère de l’Éducation nationale qui porte une responsabilité fondamentale. Non seulement il ignore superbement les travaux concordants des chercheurs, mais il rétablit explicitement la possibilité du redoublement annuel, en portant un coup fatal à la politique des cycles qu’il pouvait rendre opérante et qui constitue un des moyens de prendre en compte dans la durée la grande diversité des progressions individuelles.
Incidemment, il dessaisit les parents d’une partie de leurs responsabilités en faisant prendre par les seuls enseignants la décision du redoublement.
Le redoublement est inefficace, voire nuisible, dès lors qu’il se « réduit », dans la quasi-totalité des cas, à refaire deux fois exactement la même chose : si un enfant refuse une assiette de soupe, ce n’est pas en lui en proposant une deuxième qu’on lui fera retrouver l’appétit !
Là se situe tout l’enjeu de la scolarité obligatoire : sans fracture, sans sélection prématurée, elle doit permettre à chaque jeune d’avancer à son rythme, accompagné dans son parcours par une équipe capable d’évaluer et de pallier ses faiblesses, tout en stimulant ses réussites.
Est-ce si difficile à comprendre et à mettre à œuvre ? Nous ne le pensons pas.
Il faut alors en conclure que, face à l’alternative, un choix politique a été fait : privilégier le succès élitiste au détriment de la recherche de la réussite de tous.
Georges Dupon-Lahitte
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