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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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12 mai 2005

Négligée, la souffrance humaine provoquée par le redoublement n’en est pas moins destructrice. Elle est également lourde de conséquences sur la construction de la personnalité du jeune.

Lorsqu’on parle du coût du redoublement, c’est l’aspect financier qui vient immédiatement à l’esprit. Pour la collectivité, comme pour la famille. Mais il y a également un autre coût, humain celui-là, fait de souffrance discrète, de sentiment d’infériorité intériorisé, de stigmatisation. Ce coût est difficile à évaluer, mais il est possible d’en éclaircir quelques aspects. Aucune des recherches sur les effets du redoublement n’a pu l’ignorer.

image de soi dégradée

Même si le redoublement est présenté comme une nouvelle chance et non comme une punition, l’image de soi s’en trouve altérée. Les enquêtes comme celle de l’Irédu en témoignent : « ...on s’est rangé dans la cour et j’ai vu que les autres étaient plus petits que moi. Ça j’ai pas aimé, ça m’a rappelé que j’étais pas comme les autres. » Une autre enquête, commandée par la direction de l’évaluation et de la prospective (Dep, ministère de l’Éducation) évalue la perception de leurs propres performances par des élèves en fin de troisième : alors que leurs niveaux de performances sont comparables, les élèves redoublants sous-estiment systématiquement leurs résultats scolaires.

démobilisation scolaire

Ce sentiment d’une efficacité scolaire inférieure à celle que révèlent des épreuves standardisées entraîne rapidement une baisse de la motivation, qui est probablement responsable de la chute des performances au cours des vacances d’été qui suivent l’annonce d’un redoublement. Alors que les élèves, du même niveau scolaire, admis en classe supérieure voient leurs résultats progresser au début de l’année suivante, les redoublants recommencent la même année avec une chute. Pas étonnant que leur progression soit moindre et que s’installe très tôt le sentiment d’une inefficacité plus forte que celle mesurée objectivement. Leurs stratégies d’apprentissage sont également affectées par un choix fréquent de tâches « faciles » au détriment de celles présentant un défi. L’étude de P. Bressoux qui fait un bilan en fin de CM2 sur les processus motivationnels liés aux acquisitions (convention DEPC1 2004) met en évidence un lien négatif direct entre le niveau d’acquisition en CM2 et le fait d’avoir redoublé.

ambitions limitées

On retrouvera plus tard, en fin de troisième, ce sentiment exagéré d’inefficacité scolaire dans l’acceptation résignée d’une orientation plus fréquente des redoublants vers des filières professionnelles courtes.
Le redoublement a bien joué comme marquage. À la fin de la troisième, une étude rétrospective des notes attribuées en cours d’année montre que les élèves « en retard » ont régulièrement de moins bonnes notes que les élèves « à l’heure », alors que les scores aux épreuves standardisées sont comparables. Ces mêmes élèves sont également moins souvent orientés en seconde générale et technologique (P. Maillet, Fonctionnement psycho-social des élèves en fin de 3è , convention MENESR DPEC1 2004). Il est évidemment impossible de risquer un pronostic à plus long terme à propos de l’impact du redoublement sur l’image de soi. Toutes les recherches en milieu scolaire font ressortir des effets négatifs et il est difficile d’imaginer que le redoublement puisse jouer dans le futur de ceux qui le subissent un rôle positif.



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