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des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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Lorsqu’on parle du coût du redoublement, c’est l’aspect financier qui vient immédiatement à l’esprit. Pour la collectivité, comme pour la famille. Mais il y a également un autre coût, humain celui-là, fait de souffrance discrète, de sentiment d’infériorité intériorisé, de stigmatisation. Ce coût est difficile à évaluer, mais il est possible d’en éclaircir quelques aspects. Aucune des recherches sur les effets du redoublement n’a pu l’ignorer. Même si le redoublement est présenté comme une nouvelle chance et non comme une punition, l’image de soi s’en trouve altérée. Les enquêtes comme celle de l’Irédu en témoignent : « ...on s’est rangé dans la cour et j’ai vu que les autres étaient plus petits que moi. Ça j’ai pas aimé, ça m’a rappelé que j’étais pas comme les autres. » Une autre enquête, commandée par la direction de l’évaluation et de la prospective (Dep, ministère de l’Éducation) évalue la perception de leurs propres performances par des élèves en fin de troisième : alors que leurs niveaux de performances sont comparables, les élèves redoublants sous-estiment systématiquement leurs résultats scolaires. Ce sentiment d’une efficacité scolaire inférieure à celle que révèlent des épreuves standardisées entraîne rapidement une baisse de la motivation, qui est probablement responsable de la chute des performances au cours des vacances d’été qui suivent l’annonce d’un redoublement. Alors que les élèves, du même niveau scolaire, admis en classe supérieure voient leurs résultats progresser au début de l’année suivante, les redoublants recommencent la même année avec une chute. Pas étonnant que leur progression soit moindre et que s’installe très tôt le sentiment d’une inefficacité plus forte que celle mesurée objectivement. Leurs stratégies d’apprentissage sont également affectées par un choix fréquent de tâches « faciles » au détriment de celles présentant un défi. L’étude de P. Bressoux qui fait un bilan en fin de CM2 sur les processus motivationnels liés aux acquisitions (convention DEPC1 2004) met en évidence un lien négatif direct entre le niveau d’acquisition en CM2 et le fait d’avoir redoublé. On retrouvera plus tard, en fin de troisième, ce sentiment exagéré d’inefficacité scolaire dans l’acceptation résignée d’une orientation plus fréquente des redoublants vers des filières professionnelles courtes.
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