![]() |
Fédération
des syndicats généraux de l'Éducation nationale
Construisons l'École de tous
|
| Accueil >>Actualité | |||||
L’actualité, c’est bien entendu le référendum sur la Constitution européenne qui approche à grands pas. Une nouvelle fois, à ce jour du moins, les médias et les politiques escamotent ou dénaturent le débat sur cette Constitution. La télé-réalité va-t-elle finir par transformer le moindre débat en show ? Ce n’est pas l’annonce de l’intervention du président de la République répondant à des questions de jeunes bien choisis et « managés » par des animateurs qui peut nous rassurer. À quand un échantillon de responsables politiques participant à l’affligeante émission « maillon faible » ?! Veut-on vraiment réconcilier le citoyen avec la chose politique ? 2002 n’aurait-il pas servi de leçon ? Mais revenons en au débat sur la Constitution. Nous le savons, il ne s’agit pas d’un débat traditionnel entre la Gauche et la Droite, entre tel ou tel parti, il n’y a qu’à voir d’ailleurs les positions contraires qui traversent un grand nombre d’organisations. Pour le Sgen-CFDT, il n’est pas question de diaboliser qui que ce soit. Pour autant il n’est pas inutile de rappeler que ce référendum n’a pas pour but de sanctionner la politique gouvernementale, pas plus qu’il ne faut mélanger la Constitution avec la directive Bolkestein sur la libéralisation des services. Cette Constitution ne mérite pas un concert de louanges, encore moins un concert d’opprobres : c’est une étape, et seulement une étape vers l’Europe sociale à laquelle nous aspirons. On ne peut pas faire comme si la quasi-totalité des organisations syndicales de la Confédération européenne des syndicats (CES) ne soutenait pas la Constitution, on ne peut pas faire comme si le Comité syndical de l’Europe de l’éducation (CSEÉ) n’apportait pas le même soutien. Certes cette constatation ne peut avoir valeur d’argument mais elle ne peut tout de même pas non plus nous laisser indifférents. Je suis persuadé que l’Europe, c’est à la fois notre présent mais surtout l’avenir des salariés. Bien sûr que cette Europe n’est pas encore - ou si peu - sociale ; bien sûr que la partie III, qui reprend en fait les traités précédents, ne met pas en place cette Europe sociale que nous voulons. Ceci dit, si la majorité des gouvernements des 25 pays étaient de farouches partisans de l’Europe sociale, cela se saurait. C’est bien la lutte de l’ensemble des salariés avec leurs organisations syndicales qui imposera l’Europe que nous voulons. Mais la Constitution, c’est aussi la partie II, avec la charte des droits fondamentaux (voir page 8), apport indéniablement le plus positif. C’est ausi la reconnaissance explicite des services publics avec un fondement juridique permettant l’adoption d’une loi européenne, réclamée depuis longtemps par la CFDT et la CES, qui « établit ces principes et fixe ces conditions, sans préjudice de la compétence qu’ont les États membres, dans le respect de la Constitution, de fournir, de faire exécuter et de financer ces services » [III-122]. L’Europe des 25 peut donner l’impression de se mettre en place lentement. Et pourtant ! Peut-on oublier qu’entre 1870 et 1945 il y a eu trois guerres, alors que depuis soixante ans les ennemis d’hier sont en paix : il y a des constats qu’il faut savoir apprécier. Alors, chacune et chacun d’entre vous fera son choix le 29 mai et, encore une fois, il n’est pas question pour le Sgen-CFDT de stigmatiser qui que ce soit. Mais sachons peser les conséquences de notre choix. Comme trop souvent on voudrait le faire croire, l’Europe n’est pas responsable de tous les maux de notre société, mais au contraire elle peut, elle doit contribuer à les supprimer petit à petit. Il faut savoir poursuivre vers une Europe sociale : cette Constitution peut être un atout. Le 14 avril 2005
Jean-Luc Villeneuve
|
thèmes abordésSur la toileDans la même rubrique
|
||||