![]() |
Fédération
des syndicats généraux de l'Éducation nationale
Construisons l'École de tous
|
| Accueil >>Actualité >>CSE | |||||
Monsieur le ministre, Vous venez de dire, Monsieur le ministre, que vous entendiez donner son rôle et sa place au CSE. Ce serait une nouveauté... Je ne doute donc pas que vous saurez l’entendre... Lors du CSE du 16 décembre dernier, le Sgen-CFDT s’était exprimé par un vote négatif et avait clairement manifesté sa déception / colère devant le projet de loi d’orientation sur l’École. En effet, ce projet d’alors faisait fi du débat national, du rapport de la commission Thélot et affichait une problématique incapable de faire atteindre par le système éducatif des objectifs ambitieux en matière d’augmentation des niveaux de qualification. L’objectif de la réussite de tous que nous ne pouvons que partager comportait même des démarches de régression. La discussion de la loi et les conditions dans lesquelles elle s’est déroulée n’ont évidemment pas permis - loin s’en faut - de déboucher sur un texte développant une dynamique tout autre qui mette au centre des préoccupations la construction collective de cette nécessaire démarche de rupture avec le fonctionnement du système éducatif actuel. D’après votre prédécesseur, la loi devait déboucher sur 2 milliards d’E. Nous ne semblons pas aller dans cette direction et avec les actuels budgets c’est peu dire. Les projets de décrets d’application de cette loi tels qu’ils nous ont été proposés en mai dernier reproduisaient ces défauts et allaient même plus loin pour certains dans la remise en cause de dispositifs existants susceptibles de favoriser des évolutions positives : la politique des cycles, les Rased, etc. Quid de la relance de la politique des Zep ? Les textes qui nous sont proposés aujourd’hui, outre qu’ils ne présentent aucun caractère d’urgence, ne nous semblent pas plus marqués par la connotation sociale qui a été évoquée pour justifier leur présentation rapide : la remise en cause de la politique des cycles par la possibilité de redoublement à la fin de chaque classe est toujours présente, le socle commun (et je rappelle que nous sommes favorables depuis fort longtemps à la conception même d’un socle commun des fondamentaux) n’est pas davantage défini (même si j’ai entendu vos propos) mais on envisage sans émotion qu’au terme de la scolarité obligatoire un élève qui ne maîtriserait pas le socle ne se verrait pas proposer autre chose qu’une attestation, les démarches dites d’aide et de soutien pour la réussite des élèves n’ont pas meilleure mine que ce que nous critiquions dans le projet de loi. En effet, si l’on veut prévenir l’échec dans les apprentissages, c’est en amont qu’il faut concentrer les efforts et les moyens. Mettre en avant la personnalisation des apprentissages c’est aussi des pratiques pédagogiques qui prennent en charge collectivement le suivi individualisé, l’accompagnement des élèves, la mise en œuvre de modalités d’apprentissage diversifiées, différenciées qui permettent de répondre à des besoins spécifiques et de restaurer le sens des apprentissages et le désir d’apprendre. Cela suppose évidemment une conception du métier fort différente de celle qui sous-tend les textes actuels y compris celui sur les assistants pédagogiques ou les remplacements. La philosophie d’individualisation de l’échec est toujours prégnante alors même que se développe amplement une problématique de « récompense », de mérite individuel. .../... Les « discussions » reprises à la mi-juin ont été d’une telle nature et d’une telle précipitation qu’elles ne pouvaient sérieusement pas produire des avancées significatives (ex : sur le collège, il n’y a guère que le titre qui a changé !). Mais pouvait-il en être autrement compte tenu de ces modalités indiquées ? Pourquoi s’être arrêtés au milieu du gué ? J’ajoute que nous nous sommes néanmoins pleinement investis dans les réunions qui se sont déroulées. En vain. Aussi, Monsieur le ministre, le Sgen-CFDT ne présentera aucun amendement et ne prendra pas part aux votes sur la totalité des décrets. Ce choix n’est ni une dérobade ni un refus de changement, bien au contraire. Nous voulons une École de la réussite pour tous les élèves. La loi et ses décrets, même rapidement bricolés ou quelque peu améliorés, n’y contribueront pas. Aussi nous vous demandons solennellement de reprendre la discussion sur les décrets à la prochaine rentrée. Après le gâchis de la loi, évitons celui des décrets.
|
thèmes abordésDans la même rubrique
|
||||