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11 octobre 2005

Profession Éducation n°150 ( Octobre 2005)

Mais qu’a donc fait l’École pour mériter de tels ministres ?

Après Luc Ferry et François Fillon, on pouvait légitimement attendre de Gilles de Robien davantage d’ouverture, de dialogue, à défaut de négociations. Il n’en est rien. On ne peut tout de même pas se contenter de la courtoisie de ce ministre, qu’il est d’ailleurs difficile de rencontrer. Souvenons-nous. À son arrivée rue de Grenelle, en juin dernier, Gilles de Robien nous déclarait vouloir prendre son temps sur l’application de la pseudo loi d’orientation Fillon. Résultat : il imposait, contre l’avis quasi unanime de la communauté éducative, les décrets d’application de la dite loi au conseil supérieur de l’éducation en juillet. Il nous avait également laissé entendre qu’il pourrait revenir sur la suppression des TPE en terminale. On connaît le résultat.

Mais, me direz-vous, ce ministre a tout de même pris la peine d’écrire à tous les enseignants pour leur dire le bien qu’il pensait d’eux. Sur l’air du « tout va bien Madame la marquise », le ministre ne tarit pas d’éloge sur ces enseignants qui peuvent répondre à « la mondialisation par un supplément d’humanisation » : rien que ça ! Il met en avant les « efforts et les servitudes » du métier et pour renforcer ses propos il augmente les effectifs des élèves, supprime les dédoublements...

Mais, soyons sérieux. Comment peut-il avoir l’outrecuidance de dire que le remplacement des absences de courte durée a été décidé après « une intense concertation avec les organisations syndicales » ? Je peux assurer que cela est totalement faux. Par ailleurs, il faudrait rappeler au ministre qu’il n’y a pas que des enseignants dans l’Éducation nationale : les personnels Atoss en font également partie. Il faudrait également lui rappeler qu’il y a aussi des personnels contractuels ou vacataires, pour beaucoup enseignants, mais qui n’ont pas pour la majorité eu l’honneur d’un tel courrier. Certains ont bien reçu cette lettre... mais ils n’avaient pas été renommés à la rentrée. Affligeant !

Je n’insisterai pas sur les propos édifiants que ce même ministre a tenus à Radio Notre-Dame. Reconnaître l’existence de l’enseignement privé sous contrat est une chose, mais faire l’apologie d’une école confessionnelle particulière en est une autre. Mais que cherche-t-il ?

Et puis il y a eu le 4 octobre avec des rassemblements interprofessionnels très importants sur l’ensemble du pays, avec des taux de grévistes toujours significatifs - environ 50 % - dans nos secteurs. La suite ?

À ce jour nous n’avons aucune réponse concrète du gouvernement, même si le Premier ministre a déclaré avoir entendu les Français... Quelques jours plus tard il en rajoutait en affirmant que l’on pouvait augmenter les fonctionnaires en diminuant leur nombre ! Mais quand est-ce que nos gouvernants comprendront que les services publics sont indispensables à la cohésion sociale ?

Bref, la situation est morose, inquiétante. Les prévisions du budget 2006, si elles se confirmaient, ne feraient qu’aggraver la situation du service public d’éducation. La réussite scolaire de tous les jeunes n’est décidément pas un objectif de ce gouvernement, fût-ce dans son imaginaire.

Au-delà de nouvelles actions, le Sgen-CFDT entend plus que jamais mettre en avant son projet d’École. Les élections professionnelles de décembre prochain peuvent constituer une opportunité de faire connaître davantage ce projet, mais nous y reviendrons. Au ras-le-bol, à la colère aussi, le Sgen-CFDT, avec sa confédération, entend répondre par l’offensive.

Le 11 octobre 2005

Jean-Luc Villeneuve



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