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Accueil >>Société >>Laïcité ( Profession Education n°152 - Décembre 2005)

9 janvier 2006

La loi de 1905

La loi de 1905 qui promulgue la séparation des Églises et de l’État a 100 ans. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les responsables politiques actuels, qu’ils soient à l’Élysée, Matignon ou ailleurs, se montrent d’une rare discrétion. Ainsi après avoir totalement ignoré en 2003 le pertinent rapport de la commission Stasi, le gouvernement n’a pas su se saisir de l’opportunité de cet anniversaire pour ouvrir un vrai débat sur la laïcité aujourd’hui. La loi de 2004 sur les fameux signes ostentatoires a quelque peu étouffé la réflexion. Le Sgen-CFDT le regrette.

La laïcité n’est pas un enjeu électoral

La loi de 1905 met en avant un principe fondamental de notre République : la laïcité, laïcité qu’on semble de plus en plus réserver, à tort, bien entendu, à la sphère de l’École. Au lieu de débattre sereinement de cette loi, elle semble devenir un enjeu électoral. Pour certains, elle serait dépassée, voire globalement inadaptée. Méfions-nous. La laïcité demeure une vertu essentielle pour donner du sens au « vivre ensemble ». La laïcité n’est jamais définitivement acquise. Aujourd’hui, et les événements des banlieues de ces dernières semaines l’ont démontré si besoin était, l’objectif est bien de faire en sorte que l’École puisse durablement et avec efficacité faire face au défi de l’intégration et de la lutte contre l’exclusion. L’École sera-t-elle en mesure de s’opposer au développement de l’affirmation des communautés en tant que collectifs organisés ?

Un acquis à préserver

On le sait, le plus grand danger qui guette notre conception de la laïcité, c’est bien le communautarisme. Or la politique de la Ville - ou l’absence de politique - a ghettoïsé les quartiers et par là même les écoles. La « mixité sociale » existe de moins en moins. Il y a urgence à défendre le primat de la citoyenneté sur l’appartenance communautaire. De la capacité de la société, de l’École à repousser ces menaces dépend l’avenir de la laïcité en France. Il faut préserver la loi de 1905, mais la laïcité ne se définit pas une fois pour toutes. Qui dit laïcité dit réflexion, débat, interrogation permanente. On le sait, l’Islam, dans notre pays, peut apparaître comme un défi. Mais comme le dit Jean Baubérot spécialiste de l’histoire et de la sociologie de la laïcité : « [L’Islam] est un miroir grossissant des problèmes pour des raisons culturelles, mais aussi parce qu’il y a souvent des handicaps économiques et sociaux chez une grande partie des gens de confession musulmane. Si on arrive à bien distinguer les causes et les effets, la laïcité n’a rien à craindre de l’Islam. » À condition toutefois de trouver les aménagements nécessaires pour garantir aux musulmans le libre exercice de leur culte et à l’Islam l’égalité de traitement avec les religions déjà implantées en France lors de l’élaboration de la loi de séparation. Alors oui, la loi de 1905, loin de sentir la naphtaline, doit demeurer vivante, un espoir pour l’avenir, pour le « vivre ensemble », l’émancipation.



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