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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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Accueil >>Société >>Laïcité ( Profession Education n°152 - Décembre 2005)

9 janvier 2006

À plusieurs reprises au cours des débats qui ont présidé à l’élaboration de la loi sur l’interdiction des signes religieux à l’école, le Sgen-CFDT a exprimé son opposition au projet.
Il y voyait en effet un triple risque : celui de voir stigmatiser une fraction de la population en butte par ailleurs aux discriminations que l’on sait, celui d’exclure de toute perspective d’éducation - et donc d’émancipation future - des jeunes filles déjà souvent victimes de pressions familiales intenses, le risque enfin de provoquer la multiplication et la radicalisation des conflits dans les établissements scolaires.
Après un an d’application de la loi, il faut bien reconnaître que les craintes exprimées par le Sgen-CFDT ne se sont pas concrétisées. Pour des raisons conjoncturelles, liées à la prise d’otage des journalistes français en Irak, personne n’a osé s’attaquer de front à la mise en œuvre de la loi. Les cas d’exclusion sont restés finalement peu nombreux et le fait qu’ils aient concerné aussi quelques lycéens sikhs, porteurs de turbans, a permis de démontrer que la loi ne visait pas spécifiquement le foulard islamique.
Pour autant il est encore trop tôt pour affirmer que le problème est définitivement réglé et que les adversaires de la loi s’étaient complètement fourvoyés. Il n’est pas impossible que le sentiment d’être rejeté par la société française qui s’est violemment manifesté chez certains jeunes issus de l’immigration n’ait été, pour partie, nourri sinon par la loi, du moins par certaines des réactions qu’elle a autorisées. Et on peut encore craindre que de trop nombreuses jeunes filles ne soient à l’avenir retirées, sans bruit, du système scolaire pour éviter qu’elles n’aient à se conformer à la loi.
Mais par ailleurs, cette loi, comme l’espèrent certains, parviendra peut-être à mettre fin au retour récurrent d’une controverse qui, depuis quinze ans, empoisonnait régulièrement la vie de certains établissements, tout en polluant le débat public. Dans ce cas sans doute ne pourra-t-on éviter d’en tirer un bilan globalement positif...



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