logo retour accueil

Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
et de la Recherche publique


|

Accueil >>Métiers >>Sup, Recherche >>Campus

17 janvier 2006

Campus n° 511 du 16 janvier 2006

Ce qui est en train de se passer au CNRS nous concerne tous : non seulement en raison du rôle du CNRS pour les universités, les écoles, les grands établissements, mais encore à cause de la portée générale des décisions prises par le pouvoir politique chiraquien.

Personne n’a été dupe de la démission du président du CNRS, Bernard Meunier. Elle avait comme but de précipiter l’éviction du directeur général du CNRS Bernard Larroutourou, que le ministre F. Goulard a annoncée à l’intéressé lundi 9 janvier. Le 11 janvier l’équipe de direction du CNRS, dans un geste sans précédent, a déclaré que « cette éviction annoncée est de fait un limogeage de l’ensemble des membres de l’équipe de direction nommée par le directeur général ».

Si nous regardons d’abord ce qui vient de se passer, nous devons analyser la crise intervenue au CNRS comme l’épisode le plus frappant d’une série de nominations politiques dans la recherche et l’enseignement supérieur depuis un an et demi, à un point qu’on n’a jamais connu. Il suffit de se rappeler : l’IFREMER, l’Institut Français du Caire, l’Ecole Normale Supérieure, l’Institut National d’Histoire de l’Art, et maintenant le CNRS. Tout se passe comme si le discours du pouvoir sur « le pacte avec la recherche » n’était qu’un camouflage pour caser des copains du pouvoir ou des apparatchiks immobilistes.

C’est ici qu’il nous faut maintenant regarder vers l’avenir. Le CNRS s’est engagé du fait de son ancien président, le regretté Gérard Mégie, et de son directeur général, B. Larroutourou, dans la réforme la plus profonde depuis 1945. Elle a pour but d’améliorer les partenariats avec les universités, de « décloisonner l’activité scientifique », de redéfinir le périmètre du CNRS, de déconcentrer et d’améliorer sa gestion, d’étendre les rapports entre le CNRS, la société et l’économie. Le Sgen-CFDT a obtenu des inflexions sur l’avant-projet de réforme et s’est ensuite prononcé en faveur de ses principes. Il n’a pas été le seul. Le CTP du CNRS, le conseil scientifique, le conseil d’administration en ont fait autant. Les gouvernements successifs ont jusqu’ici soutenu cette réforme. En revanche, cela n’a pas été le cas de plusieurs syndicats (FO, Sud, SNCS, Snesup, CGT). La lettre de démission du président Meunier exprimait un désaveu sans ambages de la réforme et appelait à un repli sur un CNRS à l’ancienne. Que va-t-il se passer ? Interrogé sur ce point par Le Figaro du 12 janvier, M. Goulard élude la question, en disant que ce sera à la nouvelle présidente nommée le 11 janvier, Catherine Bréchignac, d’apprécier. D’une part, c’est oublier le rôle propre des universités, partenaires ou expérimentatrices de la réforme. D’autre part, c’est se défausser des responsabilités propres du pouvoir politique face à une réforme venue de l’intérieur même de l’organisme. Enfin, c’est ne pas écarter explicitement l’hypothèse d’une alliance gouvernement-mandarins-une partie des syndicats pour ne rien réformer. Tout en ayant manifesté la plus vive vigilance à chaque étape du déroulement de la réforme, le Sgen-CFDT considère que sa remise en cause éventuelle provoquerait assez vite une dégradation de la position du CNRS en France et dans le monde.

Reste une dernière question. Le Sgen-CFDT avait critiqué la place exorbitante de l’Agence Nationale de la Recherche dans les financements des équipes publiques de recherche et d’enseignement supérieur. L’équipe de direction du CNRS avait tenté de limiter les dégâts. Que vont faire Catherine Bréchignac et son directeur général, Arnold Migus ? Lutter contre l’emprise de l’ANR, comme cela avait été le cas face au Fonds National de la Science entre 1997 et 2000, ou suivre la voix du pouvoir politique qui vient de les nommer, et s’aligner sur l’ANR, avec les effets que l’on voit déjà ? Il ne suffira pas de payer les équipes de recherche de mots. Décidément, tout ceci augure mal de la loi Recherche et de son application. Patrick Fridenson


1 - Limogeage au CNRS.

2 - Cneser du 12 décembre 2005 : emplois à répartir pour 2006.

3 - Cneser du 12 décembre 2005 : ambiance tendue.

4 - Le choix des universitaires au peigne fin. Election aux CAP 2006 : le Sgen-CFDT toujours en bonne place au CNRS.

5 - Comité de suivi master du 14 décembre 2005.

6 - Information, accueil, orientation et LMD : les 20 recommandations du Comité de suivi de la Licence.

7 - Postes aux concours 2006 : la tronçonneuse.

8 - La loi Recherche a quitté le Sénat.

9 - Emplois : Semaine d’action interfédérale.

10 - PRAG, PRCE : Promotions de corps et de grade. JO/BO.

11 - Budget 2006 des IUFM : de petites avancées ... pour un long parcours à faire !

12 - Les IUFM en 2004-2005.

Dans la presse ATOSS :

13 - Compte rendu de la CAPN des ingénieurs d’études.

16 - Réduction d’ancienneté d’échelon ; évaluation-notation.


Imprimer

Dans la même rubrique

[ Les autres ]