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Fédération
des syndicats généraux de l'Éducation nationale
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Boulimie, frénésie... chaque jour ou presque, le ministre Gilles de Robien fait de nouvelles annonces toutes dévastatrices pour le système éducatif. On a le sentiment que pour ce ministre, et pour l’ensemble du gouvernement d’ailleurs, il s’agit de prendre le maximum de décisions avant 2007, année électorale comme l’on sait. Bien entendu, la grande majorité de ces décisions s’inscrivent dans le cadre d’une politique de régression rarement atteinte. Gilles de Robien est le ministre des vieilles lunes, du « bon sens » et qui, sous des allures courtoises, du « politiquement correct », manie la démagogie avec finesse. Mais les conséquences sont graves, très graves pour le système éducatif. Dans une tribune parue dans Libération du 6 janvier, trois chercheurs de renom et qui ont souvent une conception différente de l’École, Samuel Johsua, Philippe Meirieu et Jean-Yves Rochex se sont retrouvés pour dénoncer avec gravité l’École du renoncement mise en place. Pour eux, l’apprentissage dès 14 ans, entre autres mesures, participe à un abandon historique de la démocratisation de notre système éducatif.
Malheureusement, que d’exemples pour illustrer de tels propos. Relance a priori des Zep mais à moyens constants ou par redéploiement de moyens, diminution de plus de 30 % des postes mis aux concours en 2006. Et la liste est longue. Là encore, je citerai les propos de ces trois chercheurs qui déclarent qu’il y a également « une multitude de renoncements plus ponctuels mais tout aussi significatifs : abandon, en Terminale, des TPE exigeants qui permettaient la formation au travail de groupe et à la recherche documentaire, imposition (...) de la méthode syllabique au détriment d’un apprentissage progressif et critique de la lecture tout au long de la scolarité, présence dans les établissements de force de police (...) alors qu’on refuse à ces mêmes établissements les moyens en CPE et en cadres éducatifs, enseignement des « bienfaits » de la colonisation... » Toutes ces mesures, annonces sont prises sans la moindre concertation. Tout au plus demande-t-on aux organisations syndicales de commenter lesdites décisions. Un gouvernement qui nie ainsi, voire méprise, les organisations syndicales, et pas uniquement dans l’Éducation nationale, prend le risque de mettre à mal la démocratie. Dans une démocratie, un gouvernement quel qu’il soit doit avoir besoin d’interlocuteurs responsables, reconnus. Le nier c’est laisser la place à toutes les démagogies, au populisme... C’est contribuer à ce que le collectif laisse la place au chacun pour soi avec des conséquences bien souvent non maîtrisables. Mais comme les trois chercheurs cités plus haut, le Sgen-CFDT ne renonce pas. Il s’agit à la fois, avec d’autres organisations syndicales, des associations, des chercheurs... de refuser cette politique catastrophique sans pour autant abandonner notre projet qui doit articuler à la fois l’amélioration de nos conditions de travail et l’objectif de conduire tous les jeunes à la réussite scolaire. Pour ce combat du non-renoncement, nous sommes tous concernés.
Avec le Sgen-CFDT, refusons cette politique.
Vous avez toutes et tous un rôle à jouer pour contribuer au refus et à la mobilisation. Le 15 janvier 2006 Jean-Luc Villeneuve
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