En 1988 déjà, et c’est ce que rappelle la dernière page de ce dossier, à l’occasion de la campagne « Échec à l’échec » et des résultats des enquêtes lancées auprès des personnels et des parents, le Sgen-CFDT faisait le constat que le redoublement était inscrit fortement dans la culture française même si chacun, parent comme enseignant, faisait le constat de sa faible efficacité, voire de sa nocivité.
La loi d’orientation de 1989, en instituant la politique de cycles, ouvrait la perspective d’un réduction drastique du redoublement et tout particulièrement à l’école élémentaire où ses effets sont les plus nocifs, comme le montrent depuis plus de vingt ans les chiffres produits par le ministère. C’est ce que montre aussi le récent avis du Haut conseil à l’évaluation de l’École et les travaux de tous les chercheurs comme en témoigne Jean-Jacques Paul, de l’Irédu (université de Bourgogne). Le redoublement a effectivement diminué ces dernières années mais il reste inscrit à un niveau très élevé dans les pratiques du système éducatif français : parents et enseignants se résignent au redoublement, en l’absence de perspective plus claire en termes de prise en charge de la difficulté de certains élèves. Et pourtant, on sait maintenant que d’autres systèmes éducatifs européens ont de meilleurs résultats que l’École française, sans n’avoir jamais recours au redoublement.
C’est donc ailleurs que dans le redoublement qu’il faut chercher les moyens de la réussite de tous, dans cette démarche qui consiste pour le Sgen-CFDT à placer l’élève au centre du système éducatif, dans une démarche qui donne aux personnels les moyens de faire vivre vraiment la politique des cycles, qui favorise la personnalisation des apprentissages, la prise en charge collective du suivi individualisé et de l’accompagnement des élèves dans des modalités diversifiées d’apprentissage qui permettent de répondre à des besoins spécifiques, de restaurer et d’entretenir le désir d’apprendre et le plaisir d’enseigner.