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Fédération des syndicats généraux de l'Éducation nationale
et de la Recherche publique


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Accueil >> Actualité >> Décentralisation

Le Sgen-CFDT n’a pas d’opposition de principe à la décentralisation, bien au contraire. Encore faut-il que celle-ci repose sur trois exigences :
-  le rapprochement des lieux de décision, des personnels et des usagers ;
-  des possibilités d’ouverture de l’École sur son environnement ;
-  une meilleure appréhension des réalités locales, départementales ou régionales.

On l’aura compris, la décentralisation doit conduire à une amélioration du service public d’Éducation et tendre à plus de démocratie.
A contrario, une décentralisation accrue ne saurait se traduire par un transfert des charges de l’État aux collectivités territoriales avec, dans cette opération, une baisse de l’investissement éducatif global ou un accroissement des inégalités entre territoires. Elle ne doit pas, par ailleurs, conduire à de nouvelles féodalités.
La méthode suivie par le gouvernement justifie toutes les inquiétudes. Le débat national s’est réduit aux « Assises locales des libertés ». Il n’a été tiré aucun bilan des lois de décentralisation de 1983 et 1985, en particulier en matière de fonctionnement démocratique. _ _ Qui peut se satisfaire du fonctionnement des comités académiques de l’Édu- cation nationale (CAEN) ou de leurs pendants au niveau départemental (CDEN) ? Aucune réflexion globale sur les missions du système éducatif et la meilleure manière de les assurer n’a été menée. Qui pourrait nier que c’est pourtant là une question centrale quand il s’agit de savoir s’il y a des compétences à décentraliser et lesquelles ?

Le Sgen-CFDT est, bien entendu, pour le maintien des missions dites régaliennes de l’État - programmes, diplômes -, mais aussi pour le maintien de tous les personnels - enseignants et Atoss - dans la Fonction publique d’État. En revanche, depuis plus de dix ans, notre organisation revendique une autonomie accrue des établissements et une organisation des bassins de formation, qui doivent contribuer à renforcer l’efficacité du systéme éducatif par une meilleure prise en compte des réalités locales, une responsabilisation plus grande des acteurs locaux, un développement de la démocratie participative. Ces bassins de formation devraient être des lieux d’élaboration et de mise en œuvre d’un projet éducatif global qui serait le résultat d’un compromis négocié entre les différents projets d’écoles et d’établissements publics. Un tel projet nécessite un débat ouvert à tous les partenaires du système éducatif.

Ce n’est pas la voie choisie par le Premier ministre. Le Sgen-CFDT ne se retrouve pas dans les mesures de décentralisation annoncées à Rouen, loin s’en faut. La décentralisation Raffarin n’est pas la nôtre.