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septembre 2000

 

 

Bougez l' École

avec le

Sgen-CFDT

 

Le système éducatif
dans son ensemble
a besoin d'une profonde
transformation s'il veut
intégrer, qualifier et former
à devenir de futurs citoyens tous les jeunes
qui lui sont confiés.

 

Question de méthode

Pour une éducation politiquement prioritaire

Transformer l'École pour la réussite de tous

Apprendre et travailler autrement

Créer des emplois, adapter la formation

Redéfinir le service et les conditions de travail

Cette page n'a pas pour but - loin s'en faut - de répondre à toutes vos interrogations ou de présenter de manière exhaustive le projet éducatif du Sgen-CFDT.

Sa seule ambition, à la manière d'un abécédaire, est d'apporter un éclairage, même succinct, sur des questions que vous pouvez vous poser et ainsi de contribuer à alimenter le débat. En effet, depuis plusieurs mois, le débat sur l'École est parfois vif, idéologique sans doute mais bien souvent, en particulier à travers le prisme médiatique, caricatural. C'est une lapalissade de dire qu'on demande de plus en plus à l'École, et que notre métier est de plus en plus difficile. Il est évident que l'École n'est pas responsable du chômage et des conséquences qu'il engendre &endash; perte croissante de repères, montée de la violence, etc. Il n'en demeure pas moins que l'École a un rôle fondamental à jouer ; encore faudrait-il que la Nation définisse les missions qu'elle lui assigne et qu'ensuite elle lui donne les moyens de les accomplir. À quand un vrai débat national sur un sujet aussi fondamental pour l'avenir des jeunes et du pays ?

Nous le savons, vous le savez, vous le vivez chaque jour, le système éducatif dans son ensemble a besoin d'une profonde transformation s'il veut intégrer, qualifier et former à devenir de futurs citoyens tous les jeunes qui lui sont confiés.

Il est clair que le projet éducatif mis en avant par le Sgen-CFDT est ambitieux. La transformation ne pourra se faire à moyens constants : il est de la responsabilité du gouvernement de proposer à l'Assemblée nationale un budget en conséquence et de mettre enfin en place une programmation pluriannuelle des moyens, promise par le Premier ministre.

Pour peser sur une politique ministérielle pour le moins frileuse, pour prendre en compte l'évolution de votre métier, pour l'ouverture rapide des négociations sur la RTT, la résorption de la précarité le syndicalisme est indispensable.

Le Sgen-CFDT n'a pas prétention à détenir la Vérité. Syndicat général et confédéré, il évite les antagonismes catégoriels et élabore une approche cohérente pour cette transformation du système. Il a des propositions, des revendications, des exigences, à vous de les faire vôtres, de les critiquer que s'instaure un débat sans a priori.

Pour en savoir plus, n'hésitez pas à vous adresser à des militants Sgen-CFDT de votre établissement ou de votre école.

Bonne rentrée à toutes et à tous.

Jean-Luc Villeneuve

Secrétaire général de la fédération des Sgen-CFDT

 

Questions de méthode

Pour faire progresser l'École vers l'objectif de la réussite de tous, un pilotage s'impose.

Combien de démarches institutionnelles de rénovation se sont-elles, au fil des années, peu ou prou "perdues dans les sables" ? Combien d'actions de terrain novatrices engagées par des équipes actives et mobilisées se sont-elles éteintes faute d'une reconnaissance, d'un soutien, des moyens nécessaires à l'inscription dans la durée ?

Le Sgen-CFDT a réclamé en vain tout au long de ces dernières années que l'on procède à l'évaluation de la politique des cycles à l'école élémentaire

L'évaluation de la mise en uvre des dispositifs nouveaux est une nécessité si l'on veut une véritable transformation de l'École.

De même, sans les acteurs concernés, et, en premier lieu les personnels de l'Éducation, aucune ambition ne se réalisera.

Mobiliser les personnels, leur donner les moyens de faire &endash; postes, outils, formation, suivi &endash; permettre le travail en équipe, améliorer le mode de fonctionnement des établissements sont autant de passages obligés si l'on veut aller au-delà des intentions et des annonces.

La création du Haut Conseil de l'évaluation de l'école et du Conseil national de l'innovation pour la réussite scolaire constitue sans doute une avancée dans la démarche de pilotage ; mais c'est aussi au plus près et dans le quotidien que doit se manifester la détermination à mener la transformation.

 

Transformer l'École pour la réussite de tous

L'École est un enjeu politique ; les mobilisations sur les moyens de l'amélioration du service public d'Éducation, et qui ont amené le Premier ministre, au soir du 16 mars, à annoncer un plan de programmation, l'ont bien montré.

L'École est aussi au cur des débats d'une société qui manifeste trop souvent des exigences contradictoires : celles issues des réminiscences mythiques d'un âge d'or de l'École républicaine, et celles liées aux perspectives de l'intégration dans une Europe moderne dont la richesse est la "matière grise", d'une nation où le "black-blanc-beur" est capable de gagner !

La vivacité de certains des débats de ces derniers mois, en particulier autour des lycées et de leur évolution, leur inanité parfois &endash; quand il s'agit par exemple d'opposer savoirs et pédagogie &endash;, les difficultés que rencontrent les personnels de l'Éducation nationale (tous, et pas seulement les enseignants) à se situer dans ces débats, mais surtout à avoir une conception claire de ce que la Nation attend d'eux et à assumer au quotidien leur rôle dans l'École, tout ceci rend aujourd'hui nécessaire de mieux définir, à l'issue d'un large débat, les finalités de l'École. Le flou actuel, et tout particulièrement pour le collège, ne peut persister.

Les missions de l'École

L'acquisition des savoirs et savoir-faire qui permettent à chacun de comprendre la réalité qui l'environne, de formuler un jugement, de construire un projet favorisant l'apprentissage de l'autonomie, de la responsabilité, de l'adaptabilité, de la créativité, constitue naturellement le premier élément de réponse ; encore faut-il progresser fortement dans la détermination de ces savoirs utiles, nécessaires à qui, à quel moment, sous quelle forme. Cette acquisition ne va pas toujours de soi : elle est plus difficile dans les établissements où les jeunes en situation de rupture sont nombreux, ceux pour qui se pose, dans des termes parfois aigus la question du sens des apprentissages. Question cruciale s'il en est, alimentée par un décalage croissant entre la culture scolaire et celle de leur milieu. Cette acquisition est rendue difficile aussi par une conception des programmes qui, maintenant la logique de la juxtaposition, ne favorise pas l'autonomie, l'activité des jeunes dans les apprentissages.

L'obtention d'une qualification reconnue pour chaque jeune (loi d'orientation de 1989) est plus que jamais une mission centrale de l'École. Certes il ne suffit pas d'avoir un diplôme pour trouver du travail, pour s'insérer dans la société, mais chacun sait &endash; et les années de chômage massif que nous venons de vivre l'ont montré &endash; que les jeunes qui en sont démunis sont dramatiquement vulnérables. Les formations et contenus dispensés doivent tenir compte des mutations économiques et sociales et préparer l'insertion de tous les jeunes ; ces mutations nous semblent de nature à légitimer plus que jamais une scolarité jusqu'en fin de 3e sans orientation précoce, sans filière et sans ségrégation et qui mette chacun en situation d'aborder dans de bonnes conditions la démarche de précision et de réalisation de son projet personnel (cycle terminal général, technologique, professionnel).

Dans un contexte marqué par les exclusions, les discriminations, la fonction démocratique de l'École prend encore davantage de relief. L'enjeu, c'est de permettre, de favoriser le vivre ensemble. A ce titre, les objectifs de socialisation, d'apprentissage de la citoyenneté sont essentiels pour l'École : celle-ci est plus que jamais le lieu où se réalisent de fait la mixité, la rencontre de toutes les composantes de notre population. Réaffirmer cette fonction, c'est veiller à ce qu'il n'y ait pas de structures ghettos &endash; classes, écoles, établissements &endash; c'est aussi réaffirmer l'enjeu d'une "éducation civique" transversale et qui privilégie les pratiques.

Au-delà de la nécessité de préciser &endash; de se mettre d'accord sur &endash; ce que sont les missions incontournables pour le système éducatif français d'aujourd'hui et des années à venir, il faut aussi que s'exprime ce que l'on attend des différents stades de la scolarité &endash; et c'est essentiel aujourd'hui pour le collège ; c'est une des conditions de réussite d'une politique de transformation de l'École pour la réussite de tous.

 

Le dispositif d'éducation prioritaire est entré dans une nouvelle phase : extension du nombre d'élèves concernés sous des formes diverses, Zep (zone d'éducation prioritaire) ou Rep (réseaud'éducation prioritaire), sans qu'on sache toujours clairement ce qu'est un Rep ; apparition du "contrat de réussite" qui devrait organiser sur trois ans (?) les modalités concrètes de la mise en uvre du projet &endash; mais les conditions d'élaboration de ce contrat, sa signature ou pas par les autorités académiques et l'engagement qu'il représente sont de toute évidence très variables selon les endroits &endash; le "jeu" sur les moyens confrontés à une extension non maîtrisée du dispositif ; les situations fort différentes des coordonnateurs &endash; qu'il s'agisse du temps de décharge, des modalités de "recrutement" et de "fonctionnement" ; des instances de pilotage plus ou moins actives et transparentes, mais toujours pas le temps dans le service des personnels pour l'élaboration et la gestion collective des projets, pour les nécessités du partenariat

Et pourtant, aux Assises de Rouen, tout le monde avait compris que la ministre avait "entendu" cette demande forte des acteurs des Zep.

Parce que la confusion risque de diluer le sens du dispositif Zep, parce qu'il s'agit d'un dispositif qui a besoin d'une "parole politique" et d'un engagement fort de l'État, le Sgen-CFDT réclame une politique qui soit véritablement pilotée tant au niveau national, qu'académique, des engagements clairs et tenus sur les moyens permettant la réalisation des projets, des conditions de recrutement, de formation, de travail qui donnent aux personnels les moyens de la mise en uvre d'une politique essentielle dans la lutte contre l'exclusion, les discriminations, dans la lutte pour la démocratisation de l'accès aux savoirs.

Pour une éducation
politiquement prioritaire