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septembre 2000

 

Il faut créer des emplois

Des milliers d'emplois sont nécessaires pour assurer le fonctionnement normal du service public, mettre en oeuvre le suivi et l'accompagnement des élèves, les parcours diversifiés, l'aide individualisée

Le gel de l'emploi public empêche l'adaptation du système éducatif aux attentes des usagers et la démocratisation réelle de l'enseignement. Les actions intersyndicales du printemps 2000 ont fait évoluer la situation.

Le Premier ministre a été amené le 16 mars dernier à reconnaître la nécessité d'une programmation pluriannuelle des moyens pour le service public d'éducation. Le temps presse

Le Sgen-CFDT revendique un plan sur cinq ans, avec les premières mesures dès le budget 2001 autour de quatre axes :

· les moyens nécessaires au bon fonctionnement de l'École (notamment en personnels Atoss) ;

· la résorption de la précarité ;

· les moyens pour la transformation

· la réduction du temps de travail.

Le Sgen-CFDT estime indispensable une programmation pluriannuelle des recrutements dans l'Éducation nationale

Résorption de la précarité

En s'engageant à titulariser en cinq ans plusieurs dizaines de milliers d'agents non titulaires par transformation de crédits en emplois, le gouvernement accepte d'entrouvrir une porte dans son dogme du gel de l'emploi public

L'État acceptera-t-il de créer les emplois supplémentaires nécessaires (notamment pour le remplacement) de façon à ne pas recruter de nouveaux précaires ?

Réduction du temps de travail

À la suite du refus de signer le projet d'accord sur les 35 heures dans les fonctions publiques, le gouvernement a été amené à présenter un décret. Le ministre de l'Éducation nationale ne semble pas pressé de se saisir de ce dossier.

Le risque est grand que les marges budgétaires soient toutes absorbées par les autres objectifs (besoins des services, précarité).

La réduction du temps de travail des fonctionnaires de l'Éducation nationale serait alors essentiellement obtenue par des aménagements et redéploiements et peu par des créations d'emploi.

C'est pourquoi le Sgen-CFDT exige que la RTT soit intégrée d'emblée dans le plan pluriannuel en cours de préparation.

 

Adapter la formation

Une solide formation disciplinaire est indispensable pour les futurs enseignants mais elle ne suffit pas. Comme les autres métiers, enseigner est un métier qui s'apprend. Maîtrise de l'hétérogénéité, aide individualisée, activités interdisciplinaires requièrent le travail en équipe, la mise en uvre de situations d'apprentissage variées et de démarches pédagogiques adaptées. Le contact avec les parents ou les partenaires nécessite la maîtrise de compétences en communication. Pour le Sgen-CFDT la formation dispensée par l'IUFM doit évoluer.

Une formation initiale plus professionnalisée

Cela implique des modules de préprofessionnalisation avant les concours qui doivent être remodelés ; une formation générale plus axée sur l'exercice du métier ; une alternance véritable entre périodes sur le terrain et périodes à l'IUFM.

Le rôle des formateurs de terrain doit être plus affirmé. Ils doivent être mieux insérés dans le travail de l'IUFM.

Davantage de formation commune

Elle devra permettre un apprentissage du travail en équipes inter niveaux et interdisciplinaires, favoriser la réflexion inter niveaux et ancrer dès la formation le souci des continuités notionnelles, des liaisons entre cycles.

Accompagner l'entrée dans le métier

Cette phase essentielle suppose décharge de service pour les débutants, encadrement et retours périodiques à l'IUFM pour permettre une prise de recul et une réflexion collective sur les pratiques. Le Sgen-CFDT est inquiet des prises de position du ministre : report de la réforme des concours au moins pour le second degré et risque d'un décrochage dont le Sgen-CFDT ne veut pas, entre concours du 1er et du 2nd degré, manque de détermination pour aménager l'année d'entrée dans le métier, tentation de faire repasser la formation aux concours sous la coupe des seules universités, formation continue qui n'est, pour l'instant, qu'une priorité d'affichage

La formation continue : un droit fondamental

Elle permet à tous les personnels (enseignants, personnels de direction, Atoss, conseillers principaux d'éducation) en place de remettre à jour leurs connaissances et compétences et de s'adapter aux évolutions. Elle doit aussi leur offrir des possibilités d'ouverture sur d'autres domaines.

 

Travailler en équipe

Travailler en équipe, c'est un plus pour l'École et un mieux pour les personnels.

Travailler en équipe, c'est briser l'isolement, c'est partager les tâches entre les personnes, c'est enrichir et renforcer la polyvalence de l'équipe en utilisant au mieux les compétences de chacun, c'est finalement prendre du temps pour gagner en efficacité et en professionnalisme.

L'équipe éducative est l'extension de l'équipe pédagogique à tous ceux qui interviennent auprès des enfants, des jeunes, dans le processus éducatif. De l'aide maternelle au psychologue scolaire, de l'ouvrier d'entretien et d'accueil au conseiller principal d'éducation, en passant par l'assistante sociale, le conseiller d'orientation psychologue et l'aide-éducateur, chacun a son rôle à jouer dans une démarche collective. Confronter ses pratiques au sein de l'équipe, accepter la diversité, coopérer dans le respect de tous c'est faire vivre la citoyenneté dans l'École. C'est au projet d'école et d'établissement qu'il appartient d'articuler de façon cohérente des démarches pédagogiques et éducatives visant à faire atteindre par les élèves de cette école, de cet établissement, les objectifs définis pour tous nationalement.

Améliorer les conditions de travail

Améliorer la qualité des constructions pour les rendre plus agréables et accueillantes, prendre en compte les demandes des personnels lors de la construction ou de la restructuration des locaux, sont des démarches nécessaires pour améliorer les conditions de travail des personnels.

Il faut aussi avoir des salles adaptables à des modes de fonctionnement variés, disposer de bureaux pour les enseignants, prendre en compte la surface et les caractéristiques des locaux pour la dotation en personnels d'entretien, doter les établissements en matériels modernes.

De meilleures conditions de travail supposent aussi des postes en nombre suffisant pourvus par des personnels titulaires.

Redéfinir le service

Une nécessité pour accompagner l'évolution du métier :

· travailler en équipe ;

· élaborer, mettre en uvre et suivre les projets ;

· faire vivre le partenariat ;

· assumer l'hétérogénéité des classes ;

· assurer le suivi individualisé des élèves et la rencontre avec les familles.

Ces tâches ont pris une place majeure et si elles sont incontournables pour la transformation de l'École, elles ne peuvent être assumées sur la seule base du volontariat.

Reconnaître aujourd'hui qu'elles font partie de notre métier, implique de reconnaître aussi qu'elles sont de grandes consommatrices de temps.

24+3

Trois heures de concertation inscrites dans la définition statutaire du temps de travail des enseignants du premier degré.

15 + 3

C'est la traduction la plus répandue d'une revendication qui concerne le corps de référence du second degré : celui des certifiés.

Cette revendication n'annule pas la demande de ramener à dix-huit heures ceux qui n'y sont pas encore.

Forfait ou contrat ?

Pour les tâches qui s'imposent à tous (concertation, suivi individualisé, par exemple), un forfait donné à tous est la solution. Pour ce qui relève de l'engagement personnel (implication dans des projets ou des fonctions particulières, coordination, élaboration d'outils, activités vers l'extérieur, par exemple), il semble préférable que l'établissement dispose d'une enveloppe permettant d'attribuer contractuellement, au vu de leur projet, des décharges aux équipes qui les gèrent. Dans tous les cas, les tâches de chacun doivent être décrites, contractualisées et évaluées.