5 juin 1999 Paris La Sorbonne

 

Écrire au Sgen-CFDT

Intervention de

Raymonde Piecuch

secrétaire générale adjointe

du Sgen-CFDT

 

Le Compte-rendu

et les interventions de:

Jean-Luc Villeneuve

Nicole Notat

Jean-Michel Zakhartchouk

Annie Thomas

Christian Janin

Raymonde Piecuch

Françoise Lebocey

 


L'ensemble est disponible au format PDF:

CRcolloque.pdf (98Ko)
Beaucoup de questions - et des plus pertinentes - qui interpellent l'École ont déjà été formulées ce matin. Je me contenterai donc de revenir sur deux ou trois aspects de ces interpellations.
Michel Wieviorka a formulé l'idée que les institutions avaient tendance à se considérer comme bonnes, à considérer que les malheurs viennent de la société alors qu'elles contribuent à fabriquer les difficultés. Au Sgen-CFDT nous ne considérons pas que l'École, en tant qu'institution fonctionne bien : nous souhaitons une transformation en profondeur de l'École dans le sens de la démocratisation pour la réussite de tous. Force est néanmoins de constater que l'École subit de plein fouet les conséquences des difficultés de la société, que les attentes de la société à l'égard de l'École se sont accrues tant en termes de missions supplémentaires que de niveau d'exigences, qu'il s'agit là de questions qui ne sont pas suffisamment prises en compte dans les débats sur l'École organisés par l'institution et que le plus souvent c'est aux seuls personnels qu'il revient de faire face concrètement aux difficultés d'où qu'elles viennent, sans que l'institution se préoccupe de leur donner les moyens nécessaires. Il y a nécessité pour la société de s'interroger sur ce qu'elle attend de son École et sur les moyens qu'elle engage autour de ces enjeux.
Alors, oui, réformer l'institution, c'est bien ce choix qu'a fait le Sgen-CFDT. Michel Wieviorka a, de ce point de vue, abordé l'axe de l'équité et de la discrimination positive : quelques mots sur cette démarche déterminante pour le Sgen, autour de la question des Zep en particulier. Il n'est pas sûr que le consensus actuel autour des Zep ne soit pas fallacieux : le sens de la démarche est-il vraiment le même pour tous ? Les élus locaux n'y voient-ils pas d'abord le moyen d'éviter des incendies ? D'autres n'y voient-ils pas strictement des moyens supplémentaires ? La manière dont se fait aujourd'hui la relance des Zep amène à s'interroger.
Pour le Sgen-CFDT, la mise en place des Zep a été significative de plusieurs phénomènes :
- une rupture avec la conception centralisée et standardisée selon laquelle " l'égalité des chances " suppose et légitime l'égalité du traitement ;
- l'affirmation donc que la démocratisation peut être poursuivie par la différenciation &endash; et non plus nécessairement par l'unification -, par des réponses diversifiées reposant sur une connaissance précise du public scolaire considéré, des réalités de l'environnement social, économique et culturel (la notion de " territoire " est très importante dans la politique Zep) ;
- l'affirmation que l'École a un effort particulier à produire en direction de ceux qui sont les plus éloignés de l'institution, de la culture scolaire ;
- l'affirmation de l'importance du projet et des partenariats.
Les différentes dimensions continuent à faire sens pour nous aujourd'hui et doivent continuer à être interrogées.
Un intervenant, dans la salle, s'est interrogé et nous a interrogé " où militer ? ". Je répondrais volontiers " partout ", et d'abord dans l'établissement puisqu'on sait bien que c'est sur le terrain que doivent évoluer les pratiques ; à l'échelon local et régional, mais aussi national bien sûr et aussi dans des formes semblables à ce colloque, qui permettent que les questions majeures concernant l'École soient discutées avec d'autres que nos seuls adhérents, avec d'autres que les seuls enseignants, que les seuls personnels de l'Éducation nationale.