Écrire au Sgen-CFDT

Des personnels acteurs de la transformation

Branche premier degré

Résolution de la branche 1er degré


Le fonctionnement de l'école

 

 

Préambule :

La loi de 1989 a eu l’ambition d’inscrire dans les textes réglementaires une modification profonde du fonctionnement de l’école pour mettre l’enfant au centre du système éducatif. La pédagogie frontale, la hiérarchie descendante, étaient ébranlées et, à terme, condamnées. En même temps, l’école était invitée à s’ouvrir sur l’extérieur et à entrer dans des partenariats multiples.
Le Sgen-CFDT, qui a approuvé ces intentions, constate que 10 ans plus tard, la situation est confuse, les enseignants souvent désorientés et que de nombreux obstacles s’opposent à une application effective de cette loi : absence de volonté politique, absence de moyens, absence de formation, degré d’adhésion variable des collègues et de la hiérarchie intermédiaire.
La situation institutionnelle des écoles reste un obstacle majeur. Elles fonctionnent toujours avec des règles et des structures fondamentalement identiques à celles mises en place il y a plus d’un siècle. Le contournement de ces obstacles est largement pratiqué, mais il dévore une part importante des énergies des acteurs de l’éducation et les met souvent dans des situations d’illégalité.
L’ambition de ce texte est de proposer des pistes de réforme "structurelle" et "fonctionnelle" de l’école primaire, pour lui permettre de remplir avec plus d’efficacité son rôle, ses missions.

1 - Des dysfonctionnements actuels...

Les conditions concrètes de travail (temps, charges, contraintes, déplacements,…) rendent souvent inapplicables, donc inopérantes les recommandations officielles. Recommandations qui prennent rarement en compte la faisabilité de leurs prescriptions.
La classe trop imperméable dans une école souvent trop isolée est un obstacle à la diffusion et à l’appropriation des innovations pédagogiques. La plupart des enseignants sont condamnés à réinventer sans cesse.
Malgré les exhortations qui truffent les textes officiels, le travail d’équipe, quand il existe, est le résultat de volontés individuelles et du bénévolat. Il reste partiel, fragile, peu assuré de sa pérennité. Son institutionnalisation se heurte à la rotation importante des enseignants, au peu de temps qui lui est imparti, pour beaucoup d’écoles au faible nombre de maîtres qui y sont affectés et au manque de formation au travail d'équipe.
Les écoles ont aujourd’hui des difficultés à assurer une diversification pédagogique, une réflexion sur les méthodes utilisées et même, tout simplement, une efficacité optimale pour les divers aspects des apprentissages.
Aucune école ne peut prétendre remplir sa fonction éducative sans ouverture sur son milieu. Cela nécessite divers partenariats, allant d’un accord ponctuel verbal, jusqu’au contrat de longue durée inscrit dans une convention. Recherche, mise en forme, vérification des garanties de toutes sortes, formalisations du contrat, excèdent bien souvent les capacités matérielles de la plupart des écoles et les conduisent à renoncer à ces coopérations.
C’est l’école qui a en charge le montage des projets ; mais ceux qui sont habilités à signer, à légitimer, à financer, à contracter, sont la plupart du temps hors de ses murs, à la mairie ou à l’inspection académique.
La gestion de l’argent est un autre aspect de l’inadéquation de la structure de base école. Soit l’argent est géré dans l’école au risque permanent d’illégalité, soit il est géré par d’autres instances - mairie ou inspection académique - et l’école n’est alors plus assurée de maîtriser l’aspect financier des projets qu’elle développe.
Les circuits financiers restent opaques, complexes et peu aisément contrôlables. Les contraintes de calendrier, les délais observés entre les accords de financement et leur régularisation effective, compliquent le travail, découragent les équipes et discréditent les projets.
La circonscription, qui devrait remplir un rôle fédérateur, est largement "hors jeu" pour plusieurs raisons: son image négative, liée à la place trop exclusive du contrôle; son étendue au regard des personnels qui la composent; son rôle des plus discret dans la régulation administrative et financière; son inféodation à une administration académique éloignée des réalités.
Dans de trop nombreux cas, le projet d’école est devenu une formalité pénible et vite oubliée là où l’engagement collectif n’a pas de place réelle. Il suffit parfois qu’une seule personne disparaisse pour que le projet devienne lettre morte.
Les équipes se découragent devant l’avalanche d’appels à projets, y compris lorsqu’il s’agit de financer l’ordinaire pédagogique de l’école. La course aux subventionnements dénature la notion même de projet.
Les liaisons maternelle-élémentaire et école-collège sont décrites comme des évidences. Pourtant, elles restent le plus souvent anecdotiques, liées à la bonne volonté de quelques acteurs. L’absence de liens structurés et permanents conduit à une méconnaissance réciproque, ce qui entraîne une incompréhension stérile ou, pire, une défiance chronique. Cette situation laisse chaque niveau d’enseignement dans son isolement. Les liens épisodiques ont peu de traduction dans les débats des Conseils d’Ecole ou d’Administration et peu d’effets également sur les projets et les pratiques.
La scolarisation de la petite enfance reste trop souvent liée aux contraintes de carte scolaire ou relevant d'une conception consumériste de l'école.

2 - Principes fondamentaux et moyens essentiels :

L’évolution vers une nouvelle structuration de l’enseignement primaire doit respecter le principe fondamental d’équité pour les élèves comme pour les personnels, dans la transparence.
L’équité, pour les élèves, c’est l’offre à chacun de l’éventail pédagogique le plus large et un accès aisé à tous les domaines d’apprentissage.
Avec le renforcement de l’enseignement des langues vivantes, celui des pratiques culturelles et artistiques, la volonté de revaloriser la culture scientifique, les écoles doivent mettre en place un espace de mutualisation et d’échanges afin d’assurer partout une offre d’enseignement ambitieuse et cohérente.
L’équité pour les personnels : C’est concevoir, même dans les zones les plus isolées du territoire, un espace de travail motivant où leur seraient donnés les moyens de construire, dans l’échange et la confrontation, une pédagogie active. C’est leur donner les moyens d’une prise en charge collective des zones difficiles et rompre avec les comportements d’évitement ou de bizutage qui y sont attachés.
C’est leur proposer des apports théoriques et méthodologiques par la formation, pour développer leurs compétences professionnelles.
C’est leur donner partout les moyens matériels et humains pour participer, dans le cadre partenarial, à l’amélioration, au développement, à la gestion de l’école.
Le moyen le plus immédiatement nécessaire est l’augmentation du temps de concertation.
Ce temps global, de plus de 100 heures annuelles (équivalent à 3 heures hebdomadaires) peut être affecté pour partie sur certains temps forts de l’année et pour partie en temps d’échanges réguliers, tout au long de l’année.
Les formations initiales et continues doivent faire une place accrue à la méthodologie du travail en équipe et en partenariat, pour donner aux enseignants de réelles compétences dans ces domaines.
La contractualisation est un moyen qui permet de rendre lisibles à la fois les objectifs, les procédures, les ressources et qui formalise les engagements de chaque partie. La contractualisation offre à la communauté éducative des outils qui lui permettront d’assurer notamment l’évaluation des moyens mis en œuvre. Elle suppose une phase de rédaction d’un projet, qui sera suivie d’une phase de négociation avec les divers partenaires impliqués débouchant sur des engagements mutuels.
Sans tomber dans des excès procéduriers, l’école a tout à gagner à utiliser plus fréquemment le contrat. A la différence du "projet classique", il n’engage pas que l’équipe d’école, mais aussi l’administration qui décline les divers moyens qu’elle apporte ainsi que les partenaires co-contractants, dont le rôle est ainsi mieux défini.
Les moyens décrits ci-dessus pourraient rester sans effet s’ils se plaquaient sur les cadres existants. Ils échapperont à un formalisme mortifère s’ils s’appuient sur des structures rénovées.

3- Points d’appui pour une nouvelle organisation de l’école :

Cette nouvelle organisation de l’école doit s’appuyer sur des structurations, des fonctionnements expérimentés récemment, comme les ZEP ou les différents réseaux d’écoles rurales.
Elle s’inscrit dans le cadre des propositions du Sgen-CFDT sur la mise en place des bassins de formation.
La mise en oeuvre des ZEP, comme celle des réseaux ruraux, visait en outre à permettre aux enseignants de travailler en commun. Elle a ouvert un large champ aux expériences de contractualisation et aux organisations pédagogiques souples y compris "plus de maîtres que de classes".
ZEP et réseaux ruraux ont démontré l’utilité d’une fonction clé : celle de coordonnateur. Le Sgen-CFDT demande que cette fonction, qui cumule des aspects d’animation, de montage administratif et financier, d’interface, soit analysée, précisée et systématiquement prévue dans toute structuration nouvelle des écoles.

4 -Vers une nouvelle structure :

Le but ici n’est pas de définir une structure formalisée dans ses moindres détails, mais de fixer quelques éléments clés.
On crée une nouvelle structure, sur un territoire donné, regroupant 15 à 30 classes en prenant en compte la mise en place progressive des bassins de formation et la montée en puissance de l'intercommunalité.
Cette structure définit sa politique éducative au sein d’un conseil d’administration. Elle dispose de moyens de gestion administrative et financière. Elle est animée par un responsable identifié. Elle est dotée de la capacité morale, juridique et financière.
Les écoles dans leurs conformations actuelles demeurent l’unité de base. Elles assurent le service de proximité. Au sein de l’unité de base, le conseil des maîtres dispose d’une délégation pédagogique pour toutes les actions ne nécessitant pas un cadrage ou une mutualisation au sein du regroupement. Elles sont déchargées de la plupart des tâches administratives actuelles, transférées à la nouvelle structure.
La circonscription disparaît. Le Groupement d’Ecoles Primaires (G.E.P.) n’est plus rattaché à la circonscription, mais au bassin de formation. Les personnels actuels de la circonscription sont affectés, selon leur fonction, au groupement ou au bassin.
Ce G.E.P. (groupement d’écoles primaires) a la responsabilité de la répartition des moyens en personnels. Il a donc charge de la régulation en terme de remplacement, réseaux d’aides, postes d’animation,…, aides-éducateurs. Il a la responsabilité de la cohérence pédagogique et de la mise en œuvre des actions liées au regroupement opéré. Il est l’interlocuteur principal des collectivités locales, gère et mutualise les contributions financières émanant des divers partenaires.
Le G.E.P. est doté d’un secrétariat administratif, d’un agent comptable et des moyens humains et matériels nécessaires à son fonctionnement.
La politique du G.E.P. est définie par un conseil d’administration. Cette politique est formalisée dans un Contrat Educatif en concordance avec les orientations nationales, les orientations du bassin et les attentes des écoles.
Le Conseil d’Administration comprend plusieurs collèges : enseignants représentant chaque école, élus des collectivités, personnels non-enseignants du G.E.P., parents d’élèves. Ses membres sont élus pour trois ans. Son président est issu d’un des collèges le composant; il ne peut en aucun cas être le responsable du G.E.P..
Ce responsable du G.E.P. est désigné par le CA.. Il est issu du collège enseignant, assure les fonctions de coordonnateur pédagogique et administratif et n'a aucun rôle hiérarchique. Il reçoit une formation correspondant à cette fonction spécifique. Il assure la mise en œuvre de la politique définie par le CA. La durée de sa mission correspond à celle du contrat éducatif.
Le conseil des maîtres de chaque école désigne sa représentation au CA du G.E.P. pour la durée du contrat. Un directeur d’école élu continue à assurer les fonctions d’animation pédagogique, d’administration et de gestion courante qui ne relèvent pas du groupement. La persistance de ces fonctions ainsi allégées conduit à donner un temps de décharge à l’école, utilisé selon les modalités retenues par chaque équipe.

5 -Mandatement :

Dans la confrontation avec les projets gouvernementaux ou avec les propositions de nos partenaires, les formulations des différents niveaux exposés dans la résolution peuvent évoluer. Mais l’architecture décrite reste la base de nos propositions.
L’assemblée mandate le conseil de branche, pour préciser, en fonction de l’actualité, les divers aspects de la présente résolution.

 


Le défi de l'école de tous

 

La loi d’orientation a instauré la politique des cycles, supprimé les filières de relégation, réaffirmé le droit de tous les élèves à apprendre ensemble à l’école.
L’enseignement, centré sur l’enfant, doit permettre à chacun de poursuivre sa scolarité à son rythme au sein des classes ordinaires.
Le Sgen-CFDT a souscrit à cette orientation : lieu privilégié et commun à tous de la rencontre de l'autre et du savoir partagé, premier outil de cohésion sociale, l’école doit contribuer à construire une société solidaire. Elle doit être le lieu où l’on apprend à vivre et travailler ensemble, à accepter et à valoriser les différences.
Dix ans après la mise en place de la nouvelle Politique pour l’École, le bilan est sombre :

  • la difficulté scolaire résiste et une frange toujours trop importante d’enfants quitte l'école primaire sans maîtriser les compétences de base permettant une scolarité active au collège.
  • le niveau scolaire tend à s’élever, mais les écarts se creusent entre ceux qui tirent le meilleur profit du système et ceux qui en sont rapidement exclus.
  • les troubles de comportement, les incivilités et la violence manifestent - entre autre- la démotivation face aux apprentissages, un mal-être à l’école, voire le rejet du système scolaire.

Ces constats sont pour partie la conséquence de situations familiales, économiques et sociales, que l’école ne peut prétendre résoudre seule. C’est pourquoi le Sgen-CFDT inscrit son action dans le syndicalisme de transformation sociale de la CFDT.
Mais l’école a le devoir de s’interroger sur ses responsabilités dans le parcours scolaire des élèves que la nation lui confie : qu’est-ce qui, dans les objectifs, programmes, pratiques pédagogiques et fonctionnements de l’école, contribue à laisser certains élèves en marge du système ?
Le Sgen-CFDT fait le choix d’une école résolument démocratique, le choix d’une école de tous, construite avec tous, évaluée et pilotée dans l’intérêt de tous.

I Apprendre mieux à l’école :

Les références culturelles et les objectifs implicites de l’école, souvent référés au parcours scolaire des enseignants eux-mêmes, tiennent à l’écart ceux qui ne sont pas chez eux initiés aux codes et aux valeurs de l’école.
Pour investir dans l’effort scolaire, l’enfant doit trouver un sens à ce travail : cela passe par l’explicitation des objectifs poursuivis et de leur lien avec les savoirs socialement utiles, la recherche de connexions entre les apprentissages scolaires et les autres lieux d'apprentissages sociaux (famille, quartier, village, associations...), la mise en oeuvre de projets pédagogiques portant aussi sur des situations sociales ou des objets concrets à réaliser ou à découvrir.
Les procédures d'évaluation doivent évoluer : chaque élève doit être l'objet d'un regard aussi positif qu'exigeant, et doit être associé aux démarches d'évaluation et de remédiation.
Les programmes de l'école doivent être hiérarchisés afin de distinguer ce qui participe d'un socle commun de compétences à acquérir à chaque classe d'âge de ce qui est complémentaire et contribue à enrichir le bagage de chacun.
Les cycles devaient permettre aux élèves d’aborder les apprentissages à des rythmes différents, en évitant les cassures provoquées par les redoublements. Leur mise en place reste aléatoire, faute de savoir-faire, de “ pouvoir-faire ”, parfois de vouloir faire ou par absence d'implication des hiérarchies intermédiaires. La pertinence de cette démarche doit être réaffirmée. Elle doit faire l’objet d’une définition précise et opératoire des modalités de mise en œuvre par les enseignants.
Le choix d’une pédagogie centrée sur l’enfant, avec des approches différenciées, conduit à renoncer au rôle du maître qui délivre un savoir pour celui de "concepteur" de situations d’apprentissages.

2- Vivre mieux à l’école :

Les règles de vie à l’école, le regard ou la parole des autres - enfants ou adultes - constituent parfois pour l’enfant la critique de sa propre culture, qu’elle soit différente de par sa nationalité, sa communauté ou son milieu socio-économique.
La mission d’éducation à la citoyenneté passe par la mise en oeuvre à l’école des principes enseignés. La vie à l’école assurera la circulation de l’information, le droit à la parole (et à la parole critique), la prise de décision collective, le traitement à égale dignité de tous.
Règles et sanctions feront l’objet de décisions contractualisées et d’explicitations collectives, dans le cadre de la Loi.
La France détient un double record : les journées de classe les plus longues, et le nombre de jours de classes le plus réduit. Ces rythmes scolaires sont particulièrement dommageables pour les élèves en difficulté, ceux-là même qui vivent souvent dans des conditions précaires d’hygiène et de sommeil, et ont rarement accès aux activités de loisirs encadrées...
Le Sgen-CFDT défend des aménagements visant à réduire la journée de classe, à allonger et équilibrer l’année scolaire, et à mettre en place des aménagements différenciés selon les âges.
Les contrats éducatifs locaux doivent être conçus pour aménager les différents temps de l’enfant dans le cadre d’un projet concerté entre les partenaires de la vie de l’enfant. Ils doivent permettre de concilier de façon harmonieuse vie familiale et sociale, école, loisirs et repos.

3- Le choix du partenariat : une école ouverte sur la cité

Le projet d’école doit préciser comment les objectifs nationaux sont déclinés localement pour prendre en compte les besoins spécifiques des enfants qu’elle accueille, l’environnement dans lequel l’école s’inscrit, les ressources internes et externes dont elle dispose.
Ce projet est élaboré et évalué avec l’ensemble des partenaires impliqués dans l’éducation de l’enfant.
La collaboration entre partenaires de l’éducation de l’enfant - permet de rechercher la complémentarité et la cohérence des actions engagées autour de l’enfant.
Les différences de culture professionnelle et d’approche des problématiques de l’enfance, même si elles peuvent parfois s’affronter, contribuent à un projet éducatif ouvert sur le monde et en prise avec les réalités sociales. La confrontation à des adultes de statuts divers est pour l’enfant un élément d’équilibre et d’enrichissement.
Les parents : premiers partenaires
Une confiance mutuelle école/famille est essentielle pour l'adhésion des enfants au projet scolaire.
Les relations entre école et parents d’élèves sont parfois difficiles : certains parents expriment la volonté de voir leur enfant placé au mieux dans la compétition scolaire et sociale, d'autres manifestent leur rancœur à l’égard d’une école où ils ont eux-mêmes connu l’échec, d'autres n’acceptent pas l’évolution inéluctable de l’école, dans les formes et les contenus…
Il est légitime que les parents interrogent l’école sur ce qu’elle fait et comment elle le fait.
Pour éviter aussi bien les phénomènes d'exclusion que l’attitude consumériste de certains, l’école développera des pratiques d’information et de contacts réguliers, et associera les parents aux activités mises en œuvre à l’école.
Dans ce but, le Sgen-CFDT travaillera avec les Fédérations de Parents d'Elèves à la définition d'un statut de délégué de parents.

4- Le choix de l’équité :

Face aux inégalités sociales et économiques, face aux handicaps qui touchent certains enfants, le Sgen-CFDT fait le choix de l’équité.
C’est dans cette optique que sont dégagés des moyens spécifiques pour les Zones d’Education Prioritaires (ZEP), pour l’Adaptation et l’Intégration Scolaire et pour tous les secteurs qui connaissent des difficultés particulières.
Les moyens supplémentaires sont une condition nécessaire pour lutter contre les inégalités et contre l’échec, mais ne sont pas une condition suffisante. Ils doivent être mis à profit pour modifier les pratiques pédagogiques et pour engager des actions spécifiques, adaptées au public concerné. Ils doivent être contractualisés avec l’ensemble des partenaires.
Un financement public (état et collectivités locales) doit couvrir les activités liées à la mise en oeuvre des objectifs de l’école.
Aucun enfant ne doit être écarté des activités facultatives organisées dans le cadre de l’école. Les activités proposées et les modalités de financement devront être étudiées en conséquence.

5- Les leviers de la transformation :

Un bilan national de l'application de la Nouvelle Politique pour l'Ecole doit être réalisé par le ministère afin de dégager les conditions nécessaires et les pratiques mises en oeuvre et de déterminer les moyens (temps, personnels, animation, formation...) qui permettent de fonctionner en cycles sans recourir au bénévolat et/ou au militantisme pédagogique.
La formation initiale et continue doit prendre en compte la connaissance des processus d’apprentissage, la différenciation des approches pédagogiques, la maîtrise des références éducatives et culturelles des élèves, la gestion des conflits et du relationnel, le travail en équipe et en partenariat.
Les effectifs doivent être inférieurs à 25 par classe, et inférieurs à 20 en ZEP. Des enseignants supplémentaires doivent permettre de travailler avec des groupes de taille modulable.
Le Sgen-CFDT revendique des réseaux d’aides en nombre suffisant, complets, et ayant les moyens de fonctionner en lien avec les équipes d’école.
La politique d’intégration individuelle doit s’accompagner de créations de postes de maîtres itinérants spécialisés et d’auxiliaires d’intégration.
La concertation, le travail en équipe et en partenariat sont parties intégrantes du métier d’enseignant. Pour y satisfaire, plus de 100 heures annuelles (équivalent trois heures hebdomadaires) doivent être inscrites dans le temps de service.
L’inspection individuelle doit céder la place à une évaluation et une régulation des écoles, visant à l’amélioration du fonctionnement du système éducatif et de ses résultats, et contribuant à la mise en oeuvre d’une école plus efficace et plus démocratique.


Agir pour un métier facilité et reconnu

 

 

1 - Constat :

Les publics accueillis sont de plus en plus hétérogènes, et marqués par des situations de précarité familiale et/ou économique.
Parallèlement la ségrégation sociale des territoires s’accroît et accentue la constitution de ghettos scolaires.
Le champ des connaissances suit une courbe exponentielle et les techniques sont plus vite dépassées qu’installées dans les classes.
Les attentes toujours plus grandes qui pèsent sur l’école renforcent ces difficultés, et génèrent un réel désarroi chez les personnels.
Pédagogies différenciées, projets, évaluation, équipe, partenariat font du métier d’enseignant un métier forcément difficile et complexe, requérant des compétences multiples.
Les personnels subissent une charge de travail accrue et souvent excessive.
Les personnels veulent voir leur professionnalisme reconnu et renforcé, et avoir les moyens de remplir les missions qui leur sont assignées.

2 - Les objectifs du Sgen-CFDT :

Le Sgen-CFDT défend une nouvelle conception du métier basée sur le travail en équipe et en partenariat, la prise en charge des publics hétérogènes, l’ouverture de l’école sur la vie pour donner du sens aux apprentissages.
Le Sgen-CFDT ne doit pas se satisfaire de textes ministériels séduisants dans leur esprit, il revendique les mesures nécessaires à leur mise en place.
L’évolution de l’école est une nécessité. Mais les expérimentations et l’appel aux bonnes volontés ont leurs limites. L’Éducation nationale doit avoir la volonté politique d’impulser la généralisation, après évaluation, des dispositifs et des pratiques qui ont fait leurs preuves.

3 - Les revendications du Sgen :

Formation

Le concours de recrutement doit se situer lors de l’entrée à l’IUFM afin de permettre une réelle professionnalisation dès la 1ère année.
La nécessité d’une polyvalence adaptée, la maîtrise d’une différenciation des approches pédagogiques, la capacité à composer avec les références culturelles et éducatives des élèves, la maîtrise des compétences indispensables au travail en équipe et en partenariat doivent être pris en compte dans les plans de formation initiale.
Pour une entrée facilitée dans le métier, la première affectation doit être protégée.
La mise en place de retours en formation, de lieux de parole et d’un suivi particulier peuvent permettre à cette prise de fonction d’être enfin reconnue comme une troisième année de formation.
Le maintien du droit aux 36 semaines de formation continue sur temps de classe, réaffirmé par l'accord intégration de 1998, doit se traduire de façon effective sur le terrain.
La formation hors du temps d'enseignement doit respecter les critères définis par ce même accord : formation facultative, diplômante ou qualifiante et dont l'objet n'est pas directement nécessaire à l'évolution du métier.
Chaque enseignant doit pouvoir s’inscrire dans une démarche de recherche et de formation permanente. Il faut développer les possibilités et encourager les initiatives de recherche-action et d’échanges sur les pratiques.
Les IUFM doivent pouvoir recruter des enseignants des écoles comme formateurs temporaires afin de renforcer le lien entre la formation initiale et le métier.

Accompagnement des évolutions pédagogiques et techniques.

Le dispositif d’accompagnement des évolutions pédagogiques et techniques doit se mettre en place au plus près des équipes.
L’expérience positive, mais trop limitée, des centres de ressources doit se généraliser.
Pour suivre de façon satisfaisante et rapide les évolutions techniques, l’école doit être dotée de matériel régulièrement renouvelé. Toute dotation doit s’accompagner impérativement d’une formation des personnels.
Les postes nécessaires pour accompagner les innovations pédagogiques, les évolutions de l’école (langues vivantes, NTICE...) doivent être créés.
Il est nécessaire d’augmenter le nombre de personnes ressources, surtout là où les conditions d’exercice du métier sont les plus difficiles.
La mise en place des cycles doit être accompagnée d’une programmation d’outils et de formation spécifique.
Les conséquences en terme de préparation et de concertation, en terme d’organisation d’équipes et d’aides matérielles et humaines doivent être évaluées et prises en compte.

Travail en équipe, concertation, partenariat.

Quelles que soient les évolutions qui pourraient intervenir dans le fonctionnement et la structure des écoles, la place de l’équipe devra rester centrale. Objectifs, projets, modalités de fonctionnement devront être négociés et décidés collectivement.
Dans un cadre toujours plus complexe, la polyvalence absolue a ses limites. C’est l’équipe qui permet de partager les compétences, croiser les regards, échanger les points de vue, s’entraider, coordonner, harmoniser et de rompre avec l’isolement..
La stabilité des équipes peut-être un des éléments favorisant un fonctionnement satisfaisant. Dans les secteurs où la rotation des personnels est la plus forte, le Sgen-CFDT agira à tous les niveaux pour favoriser cette stabilité.
Pour favoriser le travail en équipe, le Sgen-CFDT revendique un temps de concertation accru, avec plus de 100 heures annuelles (équivalent 3 heures hebdomadaires), incluses dans le temps de service de tous.
Les attentes sociales dans le domaines éducatif sont si variées que l’école ne peut les assumer seule. Les champs de responsabilités des différents acteurs de l’éducation de l’enfant et les modalités de ce nécessaire partenariat doivent être clairement définis afin de permettre aux enseignants de se consacrer à leur mission fondamentale.

Evaluation des personnels.

Le travail en équipe, le partenariat, l’engagement collectif dans le projet d’école ont rendu obsolète l’inspection individuelle.
La note individuelle doit disparaître. Dans l’immédiat, le Sgen-CFDT demande sa suppression de tous les barèmes.
Les pratiques d’évaluation de l’équipe doivent se développer et se généraliser rapidement.

Temps de travail.

Les enseignants comme l’ensemble des salariés doivent bénéficier des évolutions sociales, donc de la RTT.
Réduire le temps de travail des enseignants du 1er degré conduira à repenser l’organisation de l’école et permettra au maître référent de partager l’enseignement avec d’autres collègues.
Le Sgen-CFDT revendique, dans le cadre de l’aménagement du temps de travail, la diversification des temps partiels (quotités différentes du mi-temps). Par ailleurs, l’expérimentation des temps partiels annualisés doit être généralisée.
Le compte épargne-temps doit être mis en place pour les enseignants du 1er degré.
Les horaires d’enseignement des personnels du 1er degré exerçant en Segpa, Érea IMPRO… doivent être alignés sur la base de 18 heures hebdomadaires.
L’AG mandate le CB1 pour mener une réflexion sur les horaires d’enseignement et le service des personnels du 1er degré.
Les enseignants du 1er degré doivent pouvoir partir en retraite dès la date anniversaire, sans attendre la fin de l'année scolaire.

Des emplois

Transformer l’école ne pourra pas se faire seulement avec des nouveaux textes et du bénévolat. Il sera essentiel de créer des postes budgétaires.
Ces postes doivent permettre de travailler avec des groupes de taille variable selon le type d’activité et les besoins des élèves, et dans tous les cas avec des effectifs par classe inférieurs à 25 élèves, 20 en REP.
Un dispositif efficace de remplacement est un impératif si l’on veut vraiment faire face aux besoins. Cela nécessite des créations en nombre suffisant de postes de remplaçants.

4 - Ces revendications sont au coeur de l’évolution nécessaire de l’école

Le Sgen-CFDT continuera de militer pour une école au service des élèves, pour une école qui évolue dans un monde qui bouge. Cette école doit aussi permettre aux personnels de mieux vivre leur métier.
Le Sgen-CFDT appréciera les prochaines propositions ministérielles en étudiant systématiquement les incidences sur les personnels en terme de conditions de travail et en considérant les moyens engagés.