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Jean-Yves
Langanay a été professeur
d'histoire-géographie et éducation civique
pendant dix ans, chef d'établissement douze ans,
inspecteur pédagogique régional
"établissements et vie scolaire" depuis 1998.
Élu
président d'Éducation & Devenir en mai
dernier, il nous présente une association fort active
dans le débat d'idées en faveur de la
rénovation de l'École.
Éducation et
Devenir
Lycée
Marie-Curie, boulevard Pierre-de-Coubertin
60180
Nogent-sur-Oise
Tél : 03 44
74 31 31
Fax : 03 44 74 31
01
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- Peux-tu
présenter Éducation & Devenir et son
originalité dans le milieu éducatif
?
Fondée en 1984 par
Maurice Vergnaud, ancien directeur des collèges
d'Alain Savary, Éducation & Devenir,
association loi 1901, s'est organisée autour de
trois activités principales : liaison,
réflexion et propositions.
Éducation &
Devenir se veut une association intercatégorielle,
même si ce sont des chefs d'établissement et
des personnels d'éducation qui furent ses premiers
militants. Aujourd'hui, l'association qui comprend 20 %
d'enseignants, essentiellement du second degré,
vise à se développer vers les personnels du
premier degré. Le point d'accord essentiel de nos
quelque huit cents adhérents, c'est la charte qui
repose fondamentalement sur les valeurs humanistes du
système éducatif. Nous avons une influence
sans commune mesure avec le nombre de nos
adhérents. L'association est un aiguillon, non pas
en revendications mais en propositions. Ainsi,
l'association est à l'origine des conseils
pédagogiques d'établissement, c'est une
idée que nous avons développée en
octobre 1997. Nous revendiquons notre indépendance
de pensée, nous sommes libres de parole par
rapport à nos partenaires et libres de nos
propositions par rapport au ministère.
L'unité de base
d'Éducation & Devenir est le groupe
académique dans lequel la notion d'appartenance
à telle ou telle organisation syndicale a
très vite été dépassée
pour faire place à la réflexion,
l'échange et les propositions. Ce sont des
personnels de direction et d'éducation qui
réfléchissent ensemble sur des champs peu
habituels et qui visent le fonctionnement global de
l'établissement. Leur réflexion s'organise
autour de la rénovation du système
éducatif.
Trois grands types
d'activités ponctuent notre travail : les
journées annuelles de réflexion des
militants en octobre ; la journée d'étude
du Sénat qui a pour objectif de travailler sur un
thème mettant en relation l'École et les
politiques - en janvier 2001, la question sera : comment
réformer l'École ? et un colloque annuel -
le dernier traitait de l'interculturalité à
l'École ; le prochain portera sur "Que font les
élèves à l'école ?" Nous
publions un Courrier mensuel, qui assure l'échange
entre les militants et des Cahiers de réflexion,
par exemple sur les techniques de formation des
personnels de l'éducation ou encore sur
l'écologie du système
éducatif.
- Éducation &
Devenir participe activement au groupe dit des "14". Dans
quel but ?
Ce groupe est né
d'un concours de circonstances. Après le colloque
et la consultation "Quels savoirs enseigner au
lycée ?", l'idée était qu'il fallait
poursuivre la réflexion et traduire les
propositions en actions concrètes. Se sont alors
retrouvés les fédérations de parents
d'élèves, Peep et FCPE, les Cahiers
pédagogiques, les lycéens et des
organisations syndicales dont le nombre n'a cessé
de croître (le SNPDEN nous a rejoint
récemment). Convient-il de donner une
réalité organique à ce groupe ? Nous
ne le pensons pas, mais maintenir des rendez-vous
communs, oui. Comme par exemple à l'occasion du
v“u du CSE, en mars 1999, ou encore à
l'arrivée au ministère de
l'Éducation nationale de Jack Lang. Le groupe des
14 s'est prononcé pour la poursuite de la
rénovation des lycées. Et nous avons
été, me semble-t-il, au moins partiellement
entendus.
- Que signifie pour
Éducation & Devenir travailler avec des
organisations syndicales ?
L'idée originelle
d'Éducation & Devenir était
précisément de dépasser les clivages
syndicaux. Le moyen étant de prendre un peu de
champ par rapport à un certain nombre d'aspects
statutaires et corporatistes. Si on prend par exemple
l'entrée "progrès du système
éducatif", les occasions de rencontres et
d'échanges sont tout à fait nombreuses.
Éducation & Devenir a une approche
généraliste, après à chacun
de creuser son sillon.
- Quelle réforme
structurelle et politique te semble essentielle pour le
système éducatif ?
La notion de bassin de
formation est importante pour la définition d'une
offre de formation plus adéquate et d'un lieu plus
adapté au découpage des terrains
administratifs.
Dans le cadre du projet
d'établissement, le bassin de formation est ce qui
permet la mise en “uvre de la solidarité entre les
établissements d'une zone géographique
limitée. Les chefs d'établissement peuvent
en être le moteur. Pour une ville comme Paris, la
réponse est plus en termes de politique globale de
sectorisation.
- Qu'est-ce qui te semble
aujourd'hui incontournable ?
Ce qui frappe aujourd'hui,
c'est l'abondance des rapports produits. Se pose donc la
question de la faisabilité d'ensemble. Il y a un
principe de réalité qui ne doit pas
être opposé à la définition
d'un certain nombre de priorités. Le prochain
chantier à ouvrir est celui du collège. Il
y a nécessité d'un débat au
Parlement pour bien fixer les priorités. La
dernière grande loi est la loi d'orientation de
1989. Son article 1 est fondateur d'une grande
idée parfois méconnue des jeunes
enseignants. Il faut redonner sens au métier
enseignant, trop perçu comme libéral. Quand
on pense que le Parlement consacre soixante-dix heures au
débat sur la chasse, il pourrait consacrer
quelques heures au système éducatif ! Tout
débat sur l'Éducation nationale est un
débat de société, il est
nécessaire que se dise publiquement quelles
missions on assigne à l'École. Il y a un
grand déficit, pour nous aujourd'hui, de maillage
et de pilotage. C'est à l'État de donner
une impulsion nationale forte tout en laissant une grande
part d'autonomie aux établissements.
Propos
recueillis par
Micel Debon et
Catherine Hirschmuller
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