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Professeure d'histoire-géographie
dans des collèges de la banlieue parisienne,
militante syndicale, Anne-Marie Vaillé a
été de nombreuses années l'initiatrice
participante de toutes les "innovations collège".
Elle fut aussi enseignante puis formatrice pour la
scolarisation des enfants de migrants. En 1997, elle devient
conseillère technique au cabinet de
Ségolène Royale et
depuis
octobre 2000, elle préside le Conseil national de
l'innovation pour la réussite scolaire.
Conseil national de
l'innovation pour la réussite scolaire
Secrétariat
général
61-65 rue Dutot
75015 Paris
Tél. : 01 55 55 04
05
Fax : 01 55 55 04
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http://www.education.gouv.fr/innovation/
Premier
bilan sur le site du ministère
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- Le Conseil de
l'innovation a été mis en place au
début du mois d'octobre 2000. Quelles en sont les
missions ?
Elles sont principalement
de trois sortes : une mission d'inventaire, sinon
d'évaluation, d'appréciation de la
validité des innovations ; une mission de
réflexion et d'analyse de ce qu'est l'innovation,
comment elle fonctionne, quels peuvent en être les
obstacles et une mission d'impulsion d'initiatives qui
peuvent favoriser les innovations sur le terrain.
À cela s'ajoutent
deux autres missions : la diffusion de l'information et
la communication, et, à partir des innovations
observées, les préconisations au ministre
sur les principaux chantiers ouverts cette
année.
- Quels sont les moyens
attribués à ces missions ?
Le Conseil de l'innovation
a été installé par le ministre qui
m'en a confié la présidence. Jusqu'à
présent, je dois dire que j'ai été
bien accueillie, que ce soit par les recteurs, les
inspecteurs d'académie° J'ai senti une
volonté réelle de reconnaissance.
Le Conseil de l'innovation
est composé de trente-cinq membres. Trente-cinq
personnes reconnues pour leurs compétences en
matière d'innovation : des représentants du
système éducatif, des élus, des
représentants de parents d'élèves,
des experts et chercheurs français, des chercheurs
étrangers et un responsable du monde de
l'industrie.
Pour pallier l'aspect
limité, en terme numérique de ce Conseil
&endash; nous n'avons pas voulu d'un Conseil
supérieur de l'éducation bis &endash; nous
allons, de plus, travailler en commissions par groupes
thématiques de façon à ce que tous
les partenaires associatifs, syndicaux, les partenaires
de toutes sortes soient associés à notre
travail. Trois groupes se sont déjà
constitués : ils travaillent sur les trois
missions principales du Conseil.
Pour assurer la
continuité et le suivi du Conseil, un
secrétariat général, composé
de permanents, travaille avec moi. Notre porte est
ouverte.
L'idée importante,
c'est celle d'une structure légère, souple,
facile à piloter, pas une usine à gaz.
D'ailleurs, il ne s'agit que d'un arrêté
d'installation et non d'un décret. Le Conseil est
une innovation en soi.
- Comment
définirais-tu le mieux le rôle du Conseil
?
Nous sommes d'abord une
instance de conseil et d'accompagnement. Pour que les
innovations se développent, qu'elles soient utiles
au plus grand nombre, il faut qu'elles soient connues,
soutenues, nourries et pilotées. Nous voulons
mettre en synergie les compétences locales pour
constituer des équipes mobiles polyvalentes
d'intervention : IUFM, corps d'inspection, personnels
sociaux et de santé nécessaires à un
moment donné, personnes ressources° On essaie
actuellement d'expérimenter le dispositif dans
l'Essonne. Cela demande du temps et de la
disponibilité.
- Quel peut être le
lien avec la transformation du système
éducatif ?
En termes d'innovation, on
a bien sûr des thèmes prioritaires, ce sont
les chantiers du ministre, c'est-à-dire les
collèges, les programmes et les IUFM. Mais on veut
travailler aussi sur le premier degré (la question
du cycle et de l'interdegré), sur la lecture et
l'enseignement de l'oral et enfin sur l'enseignement
professionnel. C'est un secteur que l'on ne veut pas
laisser de côté.
Il y a encore deux autres
domaines qui nous intéressent : l'éducation
dans les Dom-Tom (l'apprentissage du français et
des langues locales) et les innovations
réalisées en partenariat avec le monde
installé aux portes de l'École.
Quant aux arts et aux
nouvelles technologies, ce sont des domaines à
part : ils sont déjà largement innovateurs.
On va travailler avec les deux missions qui les pilotent
pour voir ce qui mérite un examen, une diffusion
et une analyse conjointe pour des orientations
déterminantes pour le système
éducatif.
On travaille
déjà en très bon partenariat avec
les correspondants académiques "Nouvelles
technologies" et la direction de la Technologie.
Le Conseil sera la caisse
de résonance pour des préconisations
conjointes au ministre la sous forme d'un rapport
annuel.
Je considère que le
Conseil de l'innovation est un instrument pour aider
à la transformation du système
éducatif et qu'il est fondamental à ce
niveau-là, si on y parvient. L'innovation “uvre
pour la réussite scolaire ; toutes les
catégories de personnels sont concernées.
L'innovation est une aptitude intellectuelle et morale :
il faut partir de la créativité des
personnels pour que cela soit exemplaire, rompre avec la
routine pour donner envie à apprendre aux
élèves et pour donner de
l'indépendance aux enseignants.
Nous soutiendrons et nous
encouragerons tout ce que nous pourrons aider à
créer de nouveau qui montre que des solutions
existent, réalistes et efficaces pour la
réussite de tous.
- Propos recueillis par Michel Debon et Catherine
Hirschmuller
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